En vérité : La rentrée de tous les enjeux

Moïse DOSSOUMOU 20 août 2018

Dans un mois, ce sera la rentrée des classes pour le compte de l’année académique 2018-2019. Mais aujourd’hui, c’est la rentrée gouvernementale. Contrairement aux écoliers et élèves ainsi qu’aux enseignants qui ont droit à trois mois de vacances, le gouvernement s’est contenté de deux semaines d’évasion et de repos. Les tâches urgentes et prioritaires de la République n’admettent que les décideurs se prélassent pendant une longue durée. Juste quelques jours de détente pour reprendre des forces et les revoilà au travail. Patrice Talon et ses collaborateurs les plus rapprochés entament dès à présent le dernier virage devant les conduire aux prochaines consultations électorales. Compte tenu des enjeux, le jeu en vaut la chandelle, autant pour le président de la République que pour la majorité de ses ministres. Les législatives, c’est dans six mois. Et si, entre temps les députés se décident à coupler ces élections avec les municipales, communales et locales, le challenge sera encore plus grand.
Jusque-là, depuis le 6 avril 2016, le chef de l’Etat a évolué dans un environnement politique apaisé. N’eût été les deux tentatives manquées de révision constitutionnelle, on pourrait affirmer sans risque de se tromper que Patrice Talon n’a pas rencontré de grandes résistances sur le terrain politique. Il a réussi à obtenir une majorité confortable à l’Assemblée nationale qui lui obéit au doigt et à l’œil. Pourtant, lorsqu’il prenait les rêves du pouvoir d’Etat, ils n’étaient pas nombreux les députés qui se réclamaient de la mouvance présidentielle. Chemin faisant, les intérêts politiques aidant, le Bloc de la majorité parlementaire a vu le jour et s’est renforcé au fil du temps. Pour la 8ème législature, Patrice Talon nourrit le rêve d’obtenir la même majorité, sinon beaucoup plus, dans les urnes. Pour rien au monde, il ne voudra perdre la partie face à des adversaires aussi coriaces et aussi déterminés.
Candide Azannai qui a contribué dans une grande mesure à la victoire de Patrice Talon à la présidentielle de mars 2016 a fini par lui tourner dos. La brouille fût si prononcée entre les deux hommes que Candide Azannaï a fini par démissionner du gouvernement. Resté à la touche, il voudra signer son retour sur la scène politique en rééditant l’exploit de 2015 dans la 16ème circonscription électorale. Très remonté contre son ancien allié, Sébastien Ajavon nourrit l’ambition de confirmer son score de la dernière présidentielle en arrachant des sièges dans l’Ouémé, le Littoral, le Mono et le Couffo. Il en est de même pour Nicéphore Soglo et son épouse qui feront tout ce qui est en leur pouvoir pour faire mordre la poussière aux députés et maires de la RB qui leur ont tourné dos sans l’ombre d’un regret. Mais l’adversaire le plus redoutable de Patrice Talon a nom Boni Yayi. Il peut faire mal dans chacune des 24 circonscriptions électorales avec le parti Fcbe et son activisme politique de ces derniers mois cache mal ses intentions.
Aux prises avec autant d’adversaires qui iront à ces joutes électorales avec une folle envie de gagner, Patrice Talon ne peut jurer que par ses réalisations. A lui de mettre le turbo, pendant qu’il est encore temps, au cours des six prochains mois, pour arracher beaucoup de sièges. Ce sont les premières élections qui se dérouleront au cours de son mandat. Il a grand intérêt à ce que les urnes ne consacrent pas un vote sanction à son encontre. Ceci n’est pas une raison pour que des réalisations précaires soient brandies aux populations. Il faut absolument privilégier des actions à fort impact dans le temps. Les meilleurs arguments d’un gouvernement dans une compétition électorale, c’est son bilan, qu’il soit à mi-parcours ou global. Pour être resté longtemps présent dans le sérail politique, Patrice Talon ne le sait que trop.





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