En vérité : La réplique de l’opposition

Moïse DOSSOUMOU 5 novembre 2018

Son objectif est clair. Le chef de l’Etat nourrit le rêve de disposer d’une majorité confortable au terme des législatives de mars 2019. Connaissant les réalités du milieu politique béninois, il multiplie les stratégies pour parvenir à ses fins. Patrice Talon ne jure en effet que par la réforme du système partisan. Après avoir réussi à la concrétiser à travers le vote et la promulgation de la Charte des partis politiques et du Code électoral, le président de la République espère maintenant s’en tirer à bon compte dans les urnes. C’est pour cela que depuis quelques mois, il a battu le rappel de sa troupe. Le mot d’ordre est clair. Toutes les forces politiques se réclamant de la mouvance sont appelées à se regrouper afin de former de nouveaux partis avec des assises véritablement nationales. Au départ, il était attendu des soutiens du chef de l’Etat qu’ils se regroupent en trois creusets.
Finalement, ils en sont à deux à savoir le « Bloc progressiste » et celui dit « Dynamique unitaire ». Afin de s’assurer du réel engagement des anciennes formations politiques appelées à renaître au sein de ces partis nés avec des dents, il a été demandé à leurs animateurs de recueillir l’assentiment des militants à la base. C’est cette dynamique qui justifie l’organisation tous azimuts des congrès extraordinaires ces derniers jours. A tour de rôle, sans se faire prier, les leaders des partis traditionnels réunissent dans leurs localités respectives les militants pour les informer des tenants et aboutissants du nouvel ordre politique. Force est de constater que les soutiens du chef de l’Etat ont envahi le terrain politique afin de susciter l’adhésion du plus grand nombre aux réformes politiques engagées. Ce processus voulu irréversible appelle l’implication de chacun et de tous pour son aboutissement. Restée observateur jusque-là, l’opposition s’est résolue à descendre elle aussi dans l’arène.
Samedi dernier à Cotonou, les forces politiques opposées aux actions du gouvernement ont apporté la réplique à leurs adversaires. Réunies au sein de la Coalition pour la défense de la démocratie (Cdd), elles ont apporté au débat la voix qui manquait. Comme on pouvait s’y attendre, les discours ont condamné sans réserve la gouvernance en cours. Pour les opposants, le Bénin des prouesses et de rêve prôné par le régime n’est que du leurre. Ils en appellent donc à une vigilance accrue des forces vives. Avec une détermination à peine contenue, sous les hourras de la foule, les leaders politiques qui se sont donné la main pour organiser cette sortie politique, ne jurent que par l’alternance au sommet de l’Etat en 2021. Pour eux, la concrétisation de ce vœu passe par une consécration dans les urnes au terme des législatives à venir. Avec les arguments et les stratégies qui leur sont propres, ils caressent le projet de drainer les foules à leur suite.
Le parti des Forces cauris pour un Bénin émergent, l’Union sociale libérale, la Renaissance du Bénin aile Soglo, le parti Restaurer l’espoir, pour ne citer que ceux-là, s’unissent contre l’adversaire commun. En attendant de dévoiler leur stratégie quant à la constitution d’un ou de plusieurs blocs pour les consultations électorales à venir, les contempteurs du régime de Patrice Talon ne veulent pas compter pour du beurre. Tout comme leurs adversaires, ils sont habités par le rêve de leur infliger une raclée électorale. Cette sortie annonce sans doute beaucoup d’autres. Au-delà de Cotonou, l’opposition devra prouver que sa cause est partagée par bon nombre de Béninois un peu partout sur l’ensemble du territoire national. Le défi pressant de la mobilisation s’impose à la bande menée par Boni Yayi, Nicéphore Soglo, Sébastien Ajavon et Candide Azannaï. L’accueil qui leur sera réservé témoignera du bien-fondé de leur posture politique.



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