En vérité : La route des pêches au ralenti

Moïse DOSSOUMOU 11 octobre 2018

Les travaux tournent au ralenti. Sur le chantier, l’entrain n’est plus le même comme c’était le cas il y a quelques mois. La route des pêches, véritable projet ambitieux, connaît des hauts et des bas. Pendant des années, cette infrastructure n’existait que sur des maquettes. Le précédent régime a tenté en vain de donner les premiers coups de pioche. Il a fallu l’investiture de Patrice Talon à la tête de l’Etat pour que ce projet prenne corps. Après avoir été redimensionné pour une harmonisation avec les nouvelles options gouvernementales, le top de la construction de cette nouvelle route a été donné. Sans se faire prier, les entreprises en charge de la réalisation de cette infrastructure se sont jetées à l’eau. Très vite, les Béninois ont pu s’apercevoir avec émerveillement qu’ils sont enfin passés du rêve à la réalité. Le chantier a évolué à telle enseigne qu’une partie de la voie bitumée a été ouverte à la circulation pour alléger le calvaire des usagers de la route.
Seulement, depuis quelques mois, le rythme d’avancement des travaux a baissé. Certes, les ouvriers officient toujours sur le site, mais le constat d’un ralentissement de la dynamique est patent. Qu’est-ce qui peut bien être à l’origine de cette situation ? D’où proviennent les goulots d’étranglement qui empêchent que cet ouvrage tant attendu s’achève dans les délais contractuels ? Les contraintes liées aux intempéries et les difficultés liées à la libération de l’emprise de la voie expliquent en grande partie le piétinement des travaux. En effet, le sable jaune sur lequel s’effectuent les travaux est très sensible à l’eau. Les pluies de ces derniers mois ont contraint l’entreprise à marquer une pause afin de garantir la qualité de l’infrastructure. Soit, il fallait continuer avec le risque de livrer une copie bâclée, soit il fallait surseoir à tout, le temps que les pluies cessent. La seconde option fut celle de l’entreprise.
Une autre raison majeure à l’origine du piétinement des travaux, c’est le temps mis par les pouvoirs publics pour libérer les emprises de la voie. Les résistances des propriétaires terriens et les discussions qui s’en sont suivies pour qu’ils lâchent prise ont impacté la durée d’exécution du projet. Mine de rien, tout ceci a occasionné 8 mois de retard. Censée être livrée en mars 2019, cette route le sera à une date ultérieure, le temps que l’entreprise s’organise pour rattraper ce qui peut l’être. Il est utile de préciser que de nouveaux aménagements prévus pour être réalisés sur place sont en cours d’étude. Néanmoins, la phase 1 du projet suit son cours pour le bonheur des populations. Validé par le Conseil des ministres du 15 février et du 1er mars 2017, le projet de la Route des pêches est annoncé pour rendre attrayante la façade maritime de Cotonou à Ouidah.
Outre son aspect touristique, cet axe prendra en compte le trafic portuaire, ce qui n’était pas prévu, et permettra aux gros porteurs de contourner Cotonou. La phase 1, longue de 13,20 km coûtera 26,2 milliards et est exécutée par une entreprise locale. Quant à la phase 2, longue de 53,75 km, elle s’élève à un coût de 134,2 milliards et sera réalisée par une entreprise chinoise. « Les infrastructures qui forment cette deuxième phase comportent l’érection de 9 ponts en béton, des ouvrages hydrauliques, un poste de péage et de pesage de 5 voies d’entrée et 5 voies de sortie pour répondre parfaitement aux sollicitations des heures de pointe ». Les Cotonois qui s’extasient quant à la portion de voie déjà réalisée souhaitent que les travaux soient conduits à leur terme. Cet engagement est celui du gouvernement. Il est appelé à le respecter dans des délais acceptables.



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