En vérité : La saison des congrès !

Moïse DOSSOUMOU 15 octobre 2018

Elle fait courir les hommes politiques. La charte des partis politiques récemment votée par l’Assemblée nationale suscite des bouleversements dans le landerneau politique. Ayant largement contribué à l’aboutissement de la réforme du système partisan, les députés du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp) s’activent pour donner l’exemple. Eux qui sont promoteurs de plusieurs mouvements et partis devront se débarrasser de tous ces machins pour être en harmonie avec les nouvelles normes. La réforme est certes douloureuse, mais les soutiens du chef de l’Etat devront maintenant plus que par le passé donner l’exemple de leur engagement et loyauté. En renonçant aux partis traditionnels avec lesquels ils ont effectué pour la plupart le parcours qu’on leur connaît, ils sont appelés à vivre réellement ensemble dans les grands partis à vocation nationale dont la création est imminente. Et cette mutation leur impose un minimum de sacrifices.
Qu’ils soient « progressistes » ou « républicains », l’étape préliminaire devant marquer leur appartenance à l’un de ces futurs grands partis, c’est l’adhésion officielle de leurs formations politiques. Pour ce faire, il leur faudra convoquer de gré ou de force des congrès extraordinaires ou ordinaires selon le cas. Cette démarche s’explique par le fait que la décision d’adhésion aux nouvelles formations politiques acquises aux idéaux du chef de l’Etat ne peut être prise par un individu, fût-il baron ou leader omnipotent de son parti. Cette volonté de renoncer aux anciennes colorations politiques devra être manifestée par les militants et les décideurs au cours d’une rencontre publique. C’est à cet exercice de démocratie participative que s’attellent les partisans du chef de l’Etat. Le Professeur François Abiola, en dépit de sa position de centriste, n’a pas hésité un instant à rassembler les siens pour accomplir cette formalité.
D’autres acteurs politiques annoncent aussi les couleurs. Le Parti du renouveau démocratique (Prd) dirigé depuis sa création il y a bientôt trois décennies par Adrien Houngbédji a déjà convoqué ses militants pour la fin de ce mois. Nul doute qu’à cette occasion, le leader des « tchoco-tchoco » et les siens s’exprimeront ouvertement quant à leur appartenance à l’un des deux grands blocs politiques en construction. Dans les coulisses et en toute discrétion, des acteurs politiques de premier plan s’apprêtent également à se jeter à l’eau. Ce week-end à Kétou, Jean-Michel Abimbola a annoncé les couleurs. Ancien ministre, député en fonction, l’homme n’est plus à présenter. Aux côtés de Patrice Talon, il joue un rôle clé dans la mobilisation et la fidélisation de la troupe. Chef de file du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp), par ailleurs coordonnateur des travaux devant engendrer la création du futur parti des républicains, il ne s’est pas fait prier pour lancer les hostilités.
A son actif, la grande mobilisation témoigne de son leadership dans le Plateau. Politiquement parlant, sa côte de popularité est restée intacte. Il est attendu de lui qu’il réalise cette même prouesse dans les urnes. Cette réforme dite du système partisan portée et défendue par les hommes de main de Patrice Talon sera appliquée sous peu. C’est à eux de faire en sorte pour tirer leur épingle du jeu. Dans moins de six mois, le corps électoral sera convoqué pour désigner les futurs députés. Ces derniers seront élus selon les normes édictées par la nouvelle charte des partis politiques et le code électoral. La course est lancée. Pour se maintenir en place, les animateurs de la vie politique, notamment les partisans de Patrice Talon auront fort à faire. Le top des congrès est donné. « Survivre ou disparaître », c’est la loi en vogue. A ce jeu, seuls les plus habiles seront déclarés vainqueurs.



Dans la même rubrique