En vérité : Le bel exemple de Nago

Moïse DOSSOUMOU 28 janvier 2019

Pour une surprise, c’en est une. Pendant que ses pairs font des pieds et des mains pour voir leur candidature validée aux législatives du dimanche 28 avril prochain, il décide, quant à lui, de se retirer de la course. Il ne sera donc pas candidat à ce scrutin qui fait courir toutes les chapelles politiques. Mathurin Coffi Nago, puisque c’est de lui qu’il s’agit, s’éclipse au profit de nouvelles figures sur la scène politique. Les populations de Lokossa, Bopa et Houéyogbé qui lui ont permis de les représenter à quatre reprises au parlement devront jeter leur dévolu sur d’autres aspirants à la fonction de législateur. Membre influent du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp), membre fondateur de l’Union progressiste, Mathurin Coffi Nago qui bénéficie de la confiance et de la sollicitude du chef de l’Etat avait la latitude de solliciter un 5ème mandat. Mais il a préféré céder la place à d’autres.
La carrière de législateur de Mathurin Coffi Nago a démarré en 1995. En ce temps-là, il présidait l’association de développement de sa localité. Eu égard aux réalisations à l’actif de ce creuset, les populations ont souhaité et obtenu de lui qu’il siège en leur nom au palais des gouverneurs. C’est ainsi qu’il s’est présenté aux législatives de cette année-là, en tant que candidat indépendant sous la bannière de l’Uds dirigée à cette époque par le ministre Adamou N’diaye. Cette tentative fut concluante et il a siégé pour le compte de la 2ème législature. A la fin de ce mandat en 1999, il a préféré poursuivre sa carrière universitaire. Enseignant de renom de l’Université d’Abomey-Calavi, Mathurin Coffi Nago a, pour ainsi dire, renoué avec la craie. C’est avec facilité qu’il a retrouvé son poste de doyen de la Faculté des sciences agronomiques qu’il a occupé de 2000 à 2006. A partir de cette année, il s’est offert une seconde vie politique.
En avril 2006, Boni Yayi prit les rênes du Bénin et fit appel à l’universitaire qu’il intégra dans son gouvernement en qualité de ministre de l’enseignement supérieur et de la formation technique et professionnelle. Un an plus tard, la 4ème législature était appelée à faire de la place pour la 5ème. Une fois de plus, compte tenu de son charisme et de son leadership dans la 18ème circonscription électorale, Mathurin Coffi Nago fut sollicité. « A bon vin, point d’enseigne », dit-on. Une fois élu, dans le lot des caciques du régime d’alors, il fut désigné pour postuler au perchoir. Sans surprise, il a dirigé la 5ème législature avec des fortunes diverses. Sa loyauté aidant, il fut reconduit en tant que deuxième personnalité de l’Etat pour le compte de la 6ème législature. A ce jour, si on considère les années post Conférence nationale, il est d’ailleurs le seul à diriger l’Assemblée nationale au cours de deux législatures consécutives.
Comme chacun le sait, en 2015, il prit ses distances avec le pouvoir et fit cavalier seul pour les législatives de cette année-là sous la bannière de l’alliance Fdu. Là encore, il réussit à tirer son épingle du jeu. Il totalise donc 4 mandats. L’homme, connu pour son franc-parler et sa fidélité, a décidé de passer la main. Il se démarque ainsi des vieux briscards de la scène politique qui s’accrochent à leurs positions. Mathurin Coffi Nago refuse de desservir sa localité en s’arrogeant le titre de leader incontournable. Il laisse ainsi la place à la jeunesse beaucoup plus apte pour les défis actuels. Désormais, avec la somme des expériences à son actif, il pourra mieux orienter la relève. En se comportant comme il l’a fait, il s’élève au-dessus de la mêlée et démontre qu’en politique, il est possible de faire l’option de la vertu et du détachement. Vivement que son exemple fasse tache d’huile !





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