En vérité : Le bonheur des retraités

Moïse DOSSOUMOU 17 septembre 2020

C’est une grande avancée. Elle vient régler d’énormes problèmes sociaux. Les agents publics parvenus au seuil de la retraite ne seront plus exposés à la précarité. Le gouvernement vient de les soulager d’un grand fardeau. L’obtention du livret de pension, jadis soumise à de longues et harassantes procédures, est désormais simplifiée. Finies les misères, place à la célérité. Par le passé, les retraités devaient attendre de longs mois voire une année avant d’entrer en possession de leurs pensions. Pendant ce temps, ceux d’entre eux qui ne disposaient pas de solides économies ou de soutiens familiaux, sombraient dans le dénuement et la dépression. Avec l’âge, la maladie vient achever ce triste tableau. A bout de force, beaucoup se résignent et n’attendent plus que la mort. Les plus chanceux perçoivent enfin, mais non sans peine, leur dû. Il faut croire qu’il n’en sera plus ainsi.
Puisque « la plupart des agents éprouvent des difficultés à fournir plusieurs pièces administratives », il a été décidé de mettre fin aux tracasseries diverses. Car, « malgré les progrès accomplis depuis quelques années pour y remédier, il subsiste encore des cas d’agents qui, pour ces mêmes raisons, ne jouissent pas de leur pension de retraite ». Cela a motivé le Conseil des ministres à marquer son accord pour les nouvelles modalités qui instaurent une procédure plus simplifiée et favorise la liquidation automatique de la pension. Ainsi, sans produire un dossier, l’agent de l’Etat admis à la retraite peut déjà, dès la première échéance, être payé. En soi, c’est une révolution. Beaucoup auraient souhaité bénéficier de cette facilité. Mais ils ont dû tirer le diable par la queue pendant un bon moment avant de se retrouver sur le plan financier. Plus la pension traîne, plus les dettes s’accumulent et il devient pénible de les solder. Ce cercle infernal ne sera plus de mise.
Ainsi, « la première étape de la procédure simplifiée vise la liquidation automatique et le paiement d’une pension à l’agent admis à la retraite, sur la base des données fournies par le ministère du Travail et de la Fonction publique, après croisement des informations contenues dans le Fichier unique de référence de gestion de la carrière et le fichier de la paie du ministère de l’économie et des finances ». Pour ce qui est de la seconde phase, elle « sera consacrée à la révision de la pension liquidée en vue de corrections éventuelles, dans un délai de trois mois, par la prise en compte des situations particulières de chaque agent ». Dès le mois de novembre, cette mesure sera effective. De quoi redonner le sourire aux travailleurs en situation difficile habités par la hantise de la galère au terme de leur vie professionnelle.
Cerise sur le gâteau, ne voulant pas faire les choses à moitié, le gouvernement a décidé d’accomplir les mêmes diligences pour « la liquidation et le paiement des pensions de réversion aux ayants-cause qui apporteront la preuve de leur statut de veuves, veufs ou orphelins ». Enfin, cet épineux problème qui a causé tant de désagréments aux ménages est résolu. C’est en cela que la volonté politique est décisive dans l’accomplissement des grands pas. Quand le décideur veut, il est à même de lever les obstacles qui paraissent insurmontables depuis des lustres. Cette fois, ce sont les retraités qui bénéficient de la sollicitude des pouvoirs publics. C’est heureux que ces personnes vulnérables qui n’ont plus la vigueur de leurs années de jeunesse ne soient pas privées de leur gagne-pain. C’est un problème social important que vient de régler le gouvernement. Les ménages concernés s’en porteront mieux. Puisque les retraités viennent d’avoir leur part de bonheur, les nouveaux fonctionnaires qui triment avant de percevoir leur premier salaire sont aussi l’attente d’une réforme qui les sauvera de la galère.





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