En vérité : Le combat contre la saleté

Moïse DOSSOUMOU 13 décembre 2018

La propreté urbaine, on n’en parlera jamais assez. Compte tenu des nuisances créées aux populations par un cadre de vie insalubre, les réflexions et les stratégies se multiplient pour conjurer ce fléau extrêmement teigneux. La dernière intervention en date est celle du gouvernement qui a cru devoir suppléer aux insuffisances manifestes des exécutifs municipaux et communaux. En effet, la séance hebdomadaire du Conseil des ministres d’hier mercredi 12 décembre accorde une attention particulière à la résolution de ce problème environnemental qui n’a que trop duré. Pour que certaines des principales villes du Bénin changent durablement de visage en matière d’assainissement, le gouvernement fait l’option du recours à une expertise pointue. Du pain béni pour les grandes communes de la région méridionale du pays que sont Cotonou, Abomey-Calavi, Porto-Novo, Sèmè-Podji et Ouidah. Suite au constat récurrent du piteux spectacle des rues revêtues en état de malpropreté, le pouvoir central prend le taureau par les cornes.
Pour nos dirigeants, « la salubrité urbaine qui recouvre entre autres la collecte des déchets, le balayage et le désensablement des voies de même que l’évacuation des eaux usées, présente des dysfonctionnements considérables » dans les 5 communes suscitées. Pour parer au plus pressé, Patrice Talon et son équipe estiment que « l’assainissement du cadre de vie dans ces villes passe par une réorganisation complète des activités de la salubrité publique sur leur territoire, dans le sens d’une meilleure définition des secteurs d’intervention, pour plus d’efficacité qui inclut une plus grande proximité avec la population ». Cerise sur le gâteau, l’Exécutif ajoute que « cette sectorisation comporte l’avantage d’être une source d’emplois grâce à la mise en place d’une stratégie d’intervention à haute intensité de main d’œuvre ». Faire d’une pierre deux coups, c’est l’ambition nettement affichée par ceux qui nous dirigent. Ils veulent obtenir des résultats tangibles sur le plan de la propreté urbaine.
C’est tout à leur honneur. Tous les citoyens désireux de vivre et de circuler dans un environnement assaini débarrassé des tas d’immondices et des odeurs exécrables qu’ils exhalent ne peuvent que féliciter le gouvernement qui prend à bras-le-corps un problème de santé publique. Pour conjurer le mauvais sort et instaurer de manière durable de saines habitudes, le Conseil des ministres a pris deux décisions importantes. Primo, « organiser en plusieurs secteurs les villes de Cotonou et de Porto-Novo ainsi que les principales rues d’Abomey-Calavi, de Sèmè-Podji et de Ouidah en vue d’une meilleure prise en charge et prioriser le balayage manuel des voiries revêtues. Secundo, « confier le balayage des rues et le désherbage des espaces publics à des entreprises locales, des coopératives et groupements d’intérêt économique ». Voilà la partition que veut jouer le gouvernement pour un changement de comportement dans la manière d’assainir nos villes.
Les conseils municipaux et communaux concernés, tout en remerciant le Ciel, ne peuvent plus se contenter de tourner en rond. Aujourd’hui plus qu’hier, il leur appartient de saisir la balle au bond en se remettant en cause. C’est parce qu’à leur niveau des lacunes ont milité pour le règne de l’insalubrité pendant des années sans un changement significatif que le Conseil des ministres s’est approprié ce dossier. Redoubler d’ardeur et opérer les réglages pour répondre aux nouvelles attentes, telle doit être l’attitude de ces collectivités territoriales décentralisées. Pour parachever son œuvre, le Bénin étant un tout, la même sollicitude du gouvernement en direction des autres communes est souhaitée. L’insalubrité est manifeste dans tout le Bénin. C’est sur l’ensemble du territoire national qu’elle doit être combattue. Que l’Exécutif songe à changer la donne dans certaines localités, c’est bien. Mais le faire progressivement un peu partout au nom de l’équité, ce serait encore mieux.



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