En vérité : Le communiqué qui manquait…

Moïse DOSSOUMOU 31 août 2020

C’est un rappel à l’ordre. Pour la seconde fois, Pascal Irenée Koupaki remonte les bretelles aux partisans du chef de l’Etat. Exaspéré par la multiplication anarchique des affiches géantes à l’effigie du président de la République, le ministre d’Etat, secrétaire général de la présidence, est sorti de sa réserve. Signé le 29 août dernier, le communiqué de ce proche collaborateur de Patrice Talon vient quelque peu remettre les pendules à l’heure. Après avoir observé pendant un certain temps les agissements des clubs de soutien, le ministre a jugé utile de siffler la fin de la récréation. Comme on le sait, Pascal Irenée Koupaki n’est pas à son premier coup. Le 11 décembre 2018, il avait déjà déploré ce comportement assimilable au culte de la personnalité. Il faut croire que son message n’avait pas été bien cerné par les commanditaires et auteurs de ces actes. C’est tout naturellement qu’ils ont récidivé avec plus d’entrain que par le passé.
Et comme s’il veillait au grain, le ministre a remis ça. Cette fois, l’autorité espère que sa mise en garde sera entendue. Elle devra se manifester par le retrait immédiat des posters incriminés. Et les auteurs devraient prendre leur mal en patience et ne reprendre du service que dans la période réservée pour la campagne électorale. Si par extraordinaire, ils poursuivent leur besogne, ils devront subir la rigueur de la loi. En aucun cas, ces actes qui indisposent plus d’un ne sauraient encore prospérer. La rupture prônée par le chef de l’Etat ne saurait s’accommoder de ces procédés décriés il y a tout juste quelques années. Et c’est curieux que le précédent communiqué en date du 11 décembre 2018 n’ait pas produit l’effet escompté. En temps normal, vu que la période n’est pas propice à une propagande électorale sous cette forme, ces partisans du gouvernement n’auraient jamais dû s’illustrer de la sorte.
A sept mois de la présidentielle, les passions se déchaînent. Comme à l’accoutumée, les mouvements de jeunes et de femmes qui se réclament de la chapelle politique du chef de l’Etat ne jurent que par lui. Timides au départ, ces initiatives se sont étendues à toutes les localités du pays. Sous des appellations diverses, ces creusets ad hoc qui ont envahi le champ politique rêvent de voir Patrice Talon renoncer à sa promesse de mandat unique. Pour ces inconditionnels, tous les moyens sont bons pour atteindre cet objectif. Quand ils ne font pas leur demande de supplication à genou, c’est au moyen d’affiches géantes posées au niveau des grands carrefours qu’ils s’illustrent. S’ils ont le droit de susciter à cor et à cri la candidature de Patrice Talon, ils devraient par contre éviter de dépasser certaines limites. Si la mise en demeure aurait pu intervenir plus tôt, il faut tout de même souligner qu’elle était opportune.
Rien que pour le principe, c’était important d’avoir un désaveu officiel. Maintenant, c’est fait. Patrice Talon a montré son attachement aux réformes. Il se doit de les appliquer à lui-même. Les siens devaient avoir la décence de le comprendre et de ne pas transgresser certaines règles. C’est une question de logique et de responsabilité. Ce à quoi il faut s’attendre à présent, c’est que les partisans du président de la République mettent un peu d’eau dans leur vin. On peut soutenir le chef sans faire appel à des méthodes déjà éprouvées et qui n’ont pas bonne presse. Hélas, ces organisations qui foisonnent n’ont pas su se mettre au-dessus de la mêlée. Et c’est quelque peu dommage. Vivement que le communiqué du 29 août 2020 ne soit pas foulé aux pieds comme celui du 11 décembre 2018. Pascal Irenée Koupaki aurait alors prêché dans le désert.





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