En vérité : Le couperet de la Cena

Moïse DOSSOUMOU 31 mars 2020

La messe est dite. Les partis politiques qui ont manifesté la volonté de participer aux municipales et communales du 17 mai prochain savent maintenant sur quel pied danser. Dans la soirée d’hier, la Commission électorale nationale autonome (Cena) a rendu son verdict. Se fondant sur ses prérogatives édictées par le code électoral, l’institution en charge de l’organisation des élections a tranché. Les heureux gagnants de ce tri forment un quinté. Le Parti du renouveau démocratique (Prd), les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn), l’Union progressiste (Up) et le Bloc républicain (Br) sont en lice pour concourir à ce scrutin qui s’annonce ouvert. Quant au Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin), le Parti pour l’engagement et la relève (Per) et la Force cauri pour le développement du Bénin, bien qu’ayant franchi avec succès la première étape liée à la réception des dossiers de candidature, ils ne pourront aller plus loin.
Les corrections exigées par la Cena au terme de l’étude des documents fournis n’ayant pu être effectuées, ce trio malheureux sort des rangs de la compétition électorale. A l’instar du Mouvement populaire de libération (Mpl) qui a saisi en son temps la Chambre administrative de la Cour suprême pour exprimer ses prétentions, ils sont également en droit de le faire. Reste que les leaders de ces formations politiques sont obligés de convaincre les conseillers de la Cour s’ils décident d’élever le conflit. Si non, ils courent le risque d’être déboutés et le débat sera clos. Mais pour l’instant, l’espoir est toujours de mise, même si les délais de saisine et de traitement des requêtes sont très courts. Epargnés par ces tiraillements, les formations politiques qui ont passé avec succès les deux étapes clés à la Cena sont assurées de participer à ce scrutin. D’ores et déjà, leurs responsables et militants passent à la vitesse supérieure.
Depuis l’effectivité de la réforme du système partisan, les creusets politiques qui manifestent l’intention de compétir dans les urnes ne parviennent pas tous à réunir en amont les conditions exigées. Tout a vraiment changé. La participation aux consultations électorales, naguère considérée comme un jeu d’enfant, n’est plus une mince affaire. Désormais, il faut avoir les reins solides et se lever très tôt pour espérer se retrouver sur la ligne de départ. Les partis politiques l’apprennent à leurs dépens. Contrairement aux législatives d’avril 2019 qui n’ont mis aux prises que deux partis appartenant tous à la mouvance présidentielle, les communales qui s’annoncent laissent le champ ouvert à la concurrence. Sauf avis contraire de la Chambre administrative de la Cour suprême qui n’est même pas encore saisie d’une requête à cette fin, on retrouve dans le lot des formations politiques qui ne se réclament pas toutes de la même obédience.
Si l’Union progressiste, le Bloc républicain, le Parti du renouveau démocratique et l’Union démocratique pour un Bénin nouveau n’ont d’yeux que pour les actions du chef de l’Etat, il faut tout de même apporter un bémol pour ce qui est des Forces cauris pour un Bénin émergent. Bien qu’en proie à de profondes divergences internes, ce parti qui a pour leader charismatique, Boni Yayi qui n’a pas encore officiellement fumé le calumet de la paix avec son successeur, se classe dans l’opposition. Certes, si l’union et l’harmonie étaient de mise entre tous les membres de ce parti, les contempteurs du régime se retrouveraient aisément dans ce creuset. N’empêche ! Jusqu’à preuve du contraire, Boni Yayi n’a pas encore largué les amarres des Fcbe. Sans doute que des électeurs n’hésiteront pas à jeter leur dévolu sur ce parti dans l’isoloir dans le but de lui donner une certaine assise. Au soir du 17 mai, les prétentions affichées par tous seront évaluées à l’aune des suffrages exprimés.





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