En vérité : Le couple bénino-nigérian

Moïse DOSSOUMOU 25 octobre 2018

Entre le Bénin et le Nigéria, c’est une histoire d’amour. Le mardi 23 octobre dernier à Sèmè-Kraké, les deux chefs d’Etat se sont rencontrés. Ensemble, sous l’égide de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao), Patrice Talon et Muhammadu Buhari ont inauguré une infrastructure qui vise à renforcer l’intégration entre les deux peuples. En mettant en service le poste de contrôle juxtaposé, les deux dirigeants manifestent ainsi leur volonté de rapprocher davantage leurs peuples ainsi que les ressortissants des autres Etats ouest africains qui sont amenés à se rendre d’un pays à un autre. Dans une ambiance conviviale, entourés de leurs collaborateurs respectifs et du gratin diplomatique, Talon et Buhari ont réchauffé les liens séculaires qui unissent les deux communautés. Le lendemain, sans plus tarder, comme s’ils n’attendaient que ça, les anciens chefs d’Etat de ces deux pays sont montés au créneau.
Hier à Cotonou, Nicéphore Soglo, Boni Yayi et Olusegun Obasandjo ont donné de la voix. Tous membres du Forum des anciens chefs d’Etat, ils se sont rappelés au souvenir de leurs compatriotes. Cette réunion sanctionnée par une déclaration fait suite à leur participation au Forum des anciens chefs d’Etat et de Gouvernement d’Afrique qui a eu lieu à Tokyo au Japon les 31 août et 1er septembre 2018. De retour sur le continent, Nicéphore Soglo et Olusegun Obasandjo ont convenu de se retrouver à Cotonou pour « procéder à l’évaluation des résolutions de Tokyo, afin d’en analyser la signification profonde et de proposer les modalités adéquates de leur mise en œuvre dans la région ouest-africaine et africaine ». De façon précise, « l’objectif de la rencontre était d’identifier les causes profondes des conflits en Afrique et les modalités de promotion de la paix, de la sécurité et de la stabilité ».
Noble ambition que celle de ces anciens chefs d’Etat qui bien qu’étant à la retraite, continuent d’œuvrer à leur manière pour un mieux-être des peuples. En raison des relations fraternelles et d’amitié entre les peuples du Bénin et du Nigéria, les anciens chefs d’Etat ont choisi d’unir leurs forces pour trouver des solutions aux conséquences dévastatrices de la traite négrière et du colonialisme, à l’incapacité des africains à relever les défis de l’édification des nations aggravée par l’ethnicité, à l’exclusion économique et au sous-développement ainsi qu’à une absence de leadership et de crédibilité. A cet effet, « les deux hommes d’Etat ont convenu de proposer à la Conférence des Chefs d’Etat de la Cedeao, à la conférence des Chefs d’Etat de l’Union Africaine et à l’Unesco, de retenir un jour pour la commémoration de la traite négrière ». Cette journée sera une occasion de réflexions sur les conditions réelles du développement de l’Afrique.
En outre, les deux hommes misent sur le programme de développement monétaire de la Cedeao qui vise à lier les 7 monnaies ayant cours légal dans les Etats membres par un taux de change fixe avant l’adoption d’une monnaie communautaire unique. Pour Nicéphore Soglo et Olusegun Obasandjo, cette étape préliminaire est capitale pour le respect de l’échéance 2020 retenue par la Conférence des chefs d’Etat de la Communauté pour la création de la monnaie unique. A l’évidence, le Nigéria et le Bénin évoluent en rangs serrés. D’abord, ce sont les chefs d’Etat en exercice qui mettent en place un outil stratégique d’intégration. A leur suite, leurs prédécesseurs se positionnent comme un lobby qui génère des idées en vue de l’atteinte des objectifs de développement commun. Pourvu que cette embellie dans les relations bénino-nigérianes dure dans le temps et donne de bons fruits !



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