En vérité : Le prix du jusqu’au-boutisme !

Angelo DOSSOUMOU 20 février 2018

Aujourd’hui le Vingt. En principe, pour les travailleurs de l’administration publique, à cette date et même parfois avant, les salaires tombent. Le sourire est large. La bonne humeur est tout simplement au rendez-vous. Malheureusement, dans un contexte de crise sociale, chacun se fait son bonheur. Alors, quand les travailleurs assidus rient, chez les grévistes, c’est l’anxiété. A défaut de parler déjà de temps des regrets, il pourrait être celui d’une douleur mal contenue. Et pour cause, sur les fiches de paie, les défalcations sur salaires seraient effectives. On attend de voir.
Mais avant, l’argentier national, par une correspondance aux Directeurs de l’Administration et des Finances avait annoncé les couleurs. Sous la rupture, « qui n’a pas travaillé, pour des raisons inopérantes, n’a pas droit au salaire ». J’imagine, si les tendances se confirment, l’effet de surprise et l’amère pilule à avaler, durant des jours, par les absentéistes aux postes.
Pourtant, ils devraient s’y attendre. Au lieu d’être là à se lamenter et jacasser, qu’ils assument et paient le prix pour certains, de leur lutte et pour d’autres, de leur jusqu’au-boutisme syndical. Car, jusqu’ici, il y en a qui continuent avec le débrayage et, à ce rythme, auront des fins de mois très difficiles. Peut-être qu’une fois encore, ils attendent que la Cour constitutionnelle vienne à leur secours.
Mais, qu’ils se le tiennent pour dit. Talon, ce n’est pas Yayi. Et quelle que soit la pression ou la dictature syndicale, il ne cédera pas au chantage. Et, s’il en est ainsi, personne, à moins que ça soit des mécréants, n’a intérêt à trop tirer sur la corde ou durcir sa position à cause des défalcations au point de souhaiter que l’année scolaire soit blanche. Sinon, qu’aurait été la logique d’un bon argentier national après des semaines d’un curieux débrayage ?
D’abord, d’une cessation de travail contre le retrait du droit de grève a-t-on dit. Ensuite, sans qu’au préalable, les négociations soient définitivement épuisées, une plateforme revendicative a été opposée au gouvernement dans l’optique d’une continuité du mouvement d’humeur des travailleurs. Alors, en définitive, que défendent encore, en ne reprenant pas le chemin des classes et des bureaux, les fonctionnaires ? Est-ce les libertés syndicales ou des droits acquis ?
En effet, d’après l’article 25 de la loi 2001-09 du 22 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin, le salaire des travailleurs ne peut nullement faire objet de défalcation si les motifs de leur grève sont puisés dans la lutte contre la « violation des libertés syndicales ou des droits syndicaux universellement reconnus ou le non-paiement des droits acquis ».
J’avoue que, devant ces dispositions légales et par rapport au contexte actuel, chaque partie aura forcément sa propre interprétation. Mais qu’importe ! Libre à chacun de défendre sa position. A mon avis, pour une fois, la défalcation sur salaire ne tombe pas comme un cheveu sur la soupe.
Autrement, ce serait une discrimination que de payer les grévistes au même titre que les dissidents. En plus, c’est même l’unique occasion d’amener les centrales et confédérations syndicales à ne pas qu’appeler à faire la grève mais, au besoin, à en payer la contrepartie aux syndiqués. Là, chaque camp aura son guichet. Et s’il en est ainsi, l’heure de la paie ne sera jamais celle des jérémiades. Alors, chers syndicalistes, à vous de voir !



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