En vérité : Le renouveau de l’entreprise

Moïse DOSSOUMOU 23 janvier 2019

Il est en plein renouveau. Les Béninois nourrissent depuis peu un regain d’intérêt pour le secteur privé. Des initiatives éparses tendant à la création de richesses se font constater ça et là. Ce qui n’était aux yeux de l’opinion que de simples manifestations de l’envie des uns et des autres de se mettre à leur propre compte pour se tirer d’affaire s’est révélé comme une véritable machine économique. Tenez, rien qu’en 2018, 22 000 entreprises ont été créées. En seulement 12 mois, autant de projets de création de la richesse ont été concrétisés. C’est dire que les promoteurs sont passés du rêve à la réalité, de l’informel au formel, des ténèbres à la lumière. Ces milliers d’entreprises qui ont vu le jour à la vitesse de l’éclair ont, entre autres, pour mission d’étoffer le tissu économique. Pour que ce résultat élogieux soit atteint, il a fallu opérer des réformes liées prioritairement à la simplification des procédures.
L’Agence de promotion des investissements et des exportations (Apiex) est la cheville ouvrière qui a rendu possible ce succès. Il faut noter que depuis 2016, les voyants sont au vert. En effet, le taux de création des entreprises est en croissance nette passant de 12 à 15%. Contrairement aux années antérieures où la procédure était longue et onéreuse, de plus en plus, les porteurs de projet de création d’entreprises accomplissent des formalités simples et peu coûteuses. Une copie de l’acte de naissance, de la pièce d’identité, une photo d’identité, quelques précisions sur le siège social, les activités à mener et bien évidemment une contribution financière insignifiante suffisent et le tour est joué. En quelques heures, le personnel formé à cet effet et mis à la disposition du public se charge de délivrer les documents administratifs qui attestent de la formalisation des initiatives privées commerciales.
Outre ce gain de temps et d’argent obtenu grâce aux réformes initiées et consolidées par le gouvernement, d’autres facteurs incitatifs à l’investissement sont également à saluer. Pêle-mêle, on peut noter la révision du code des marchés publics rendu plus souple et plus transparent, l’assouplissement du code du travail, la réforme du code foncier qui renforce le droit à la propriété privée, l’installation et le fonctionnement des tribunaux de commerce, la mise en place des structures de médiation pour ce qui est des contentieux fiscaux et douaniers, l’ amélioration du code des investissements pour stimuler la transformation locale, l’adoption du code du numérique, la loi sur le crédit-bail… La liste n’est pas exhaustive. Toutes ces actions menées en peu de temps témoignent de la volonté des pouvoirs publics de créer un cadre incitatif à la promotion des petites et moyennes entreprises. Les résultats sont tellement élogieux que le Bénin est cité parmi les pays de la sous-région où la création d’entreprise est la plus simplifiée.
Garder le cap pour que vivent ces initiatives pourvoyeuses d’emplois et de richesses, telle doit être la préoccupation du gouvernement qui devra en plus créer les conditions pour la viabilité de ces entreprises. Si en amont, un encadrement adéquat et des mesures de facilitation ne sont pas mis en place, ces formalisations de projets auront très peu de chances de survivre sur un marché concurrentiel très étroit. Fort heureusement, la loi de finances 2019 a revu à la baisse le montant de la Taxe professionnelle synthétique (Tps) qui est passée de 400 000 à 150 000. La réduction de cet impôt est une grande bouffée d’oxygène pour les nouveaux promoteurs d’entreprise. Des actions futures allant dans le sens de leur épanouissement sont souhaitées. Une entreprise est une source de richesse pour ses promoteurs, les employés et l’Etat à travers les prélèvements. Les jalons sont déjà posés par le gouvernement. Pour une économie prospère, le Bénin doit continuer à réaliser des prouesses.





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