En vérité : Le sinistre des eaux

Moïse DOSSOUMOU 4 septembre 2019

C’est un phénomène cyclique. Sa gestion est des plus éprouvantes. Les inondations annuelles qui sèment la psychose et le désarroi au sein des populations installées à proximité des plans d’eau font encore parler d’elles. L’année dernière, à pareil moment, les habitants de Malanville voyaient s’effondrer sous leurs yeux le seul pont de la localité. Débordant de leur lit, les eaux sont venues à bout de cette infrastructure routière en mau. Vu l’importance économique de cet ouvrage d’art, le Bénin et le Niger principalement ont payé pendant des mois le prix de ce désastre. Aujourd’hui, c’est un pont flambant neuf et plus solide que le précédent qui dessert le trafic dans cette localité. Cette année, quelle sera la nature des dégâts ? Source de vie, l’eau est aussi, dans bien de cas, source de mauvais état. Les populations des cités lacustres et celles ayant érigé des maisons dans les environs des fleuves, lacs et lagunes ne le savent que trop.
Les inondations liées à la montée des eaux dans les bassins des fleuves sont à nouveau d’actualité. Comme les années précédentes, elles menacent de perturber la quiétude des uns et des autres. Les activités économiques notamment celles effectuées sur les eaux connaîtront un coup d’arrêt, le temps que la nature se calme un peu. Le bilan sera plus ou moins lourd. Disparitions, pertes en vies humaines par noyade, cultures dévastées, bétail décimé, habitations détruites, regain des maladies hydro-fécales…sont le lot de ces citoyens habitués à payer chaque année un lourd tribut du fait de ce phénomène purement naturel et non encore maîtrisé. Actuellement sur le qui-vive, les potentielles victimes sont expressément invitées à se tenir prêtes pour parer à toute éventualité. Ce n’est pas la joie pour les autochtones des localités concernées en cette veille de la rentrée scolaire. Un souci de plus pour les parents qui vont devoir garder leurs enfants auprès d’eux pour raisons de sécurité, le temps que les eaux se retirent.
Pour le moment, dix communes sont concernées par ces inondations. Karimama, Malanville, Athiémé, Grand-Popo, Zogbodomey, Zangnanado, Ouinhi, Dangbo, Adjohoun et Bonou seront incessamment en proie à la montée des eaux. Pis, certaines d’entre elles sont déjà en alerte rouge. C’est dire que le danger, naguère lointain, est déjà à leurs portes. Le nombre de communes bientôt sinistrées pourrait s’allonger. Le ministère de l’intérieur à travers l’Agence nationale de la protection civile (Anpc) met tout en œuvre pour minimiser les difficultés découlant de ce sinistre qui s’annonce. Sans plus tarder, les différentes plateformes communales de réduction du risque de catastrophe déjà activées feront de leur mieux pour protéger les populations. Ces creusets dont les membres sont formés et outillés prennent les mesures nécessaires pour une bonne gestion de la situation. Pour une fois que l’anticipation est de mise, il faut saluer cette diligence des autorités et espérer que ce réflexe s’étende à d’autres préoccupations.
Les communautés concernées sont appelées à se préparer pour d’éventuelles évacuations qui se précisent d’ailleurs. Au lieu d’attendre que le pire survienne avant de tenter de sauver ce qui peut l’être, il vaut mieux dès maintenant, vider les zones rouges. On connaît la tendance des populations à ne pas quitter leurs lieux d’habitation même lorsque le malheur frappe à leurs portes. L’urgence, c’est d’évacuer de force les zones les plus à risque pour limiter sensiblement les dégâts. Et il faut le faire maintenant. Après, ce sera trop tard. Comme c’est le cas dans les pays développés, les pouvoirs publics qui disposent de tous les moyens de persuasion doivent dès à présent parer au plus pressé surtout pour épargner les vies humaines. C’est une question de responsabilité. Au point où nous en sommes, les mots ne servent plus à rien. Il faut agir.





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