En vérité : Le temps des débats d’idées

Moïse DOSSOUMOU 16 janvier 2019

Le moment de vérité approche. Le dimanche 28 avril prochain, le corps électoral se prononcera sur la pertinence des réformes opérées par Patrice Talon. Ces élections à mi-mandat déterminantes pour le chef de l’Etat se présentent comme un référendum, pour ou contre ses actions. Voulant révolutionner la manière dont la politique se fait au Bénin, le chef de l’Etat a initié avec succès la réforme du système partisan. Sur papier tout au moins, les choses ont bougé. Dans la foulée, les formations politiques s’activent pour se conformer aux dispositions de la nouvelle Charte des partis politiques. C’est peu dire que tout est sens dessus dessous. Si les acteurs politiques font feu de tout bois pour rester dans la tendance, c’est parce qu’ils savent qu’ils n’ont pas le choix. La logique est simple : survivre ou disparaître. Au-delà de cette embellie, la vraie réforme attendue sera celle du contenu des discours politiques.
Bien avant le démarrage officiel de la campagne électorale, les multiples opérations de charme à l’endroit des populations ont commencé. De toutes les forces en compétition, l’Union progressiste et le Bloc républicain se démarquent du lot par leur omniprésence sur la scène publique. Dans toutes les localités, ces deux partis se font remarquer. Leurs têtes de pont ne veulent en aucun cas, comme l’a recommandé Jean de la Fontaine, « laisser nulle place où la main ne passe et repasse ». En décembre dernier, ces deux creusets ont vu le jour sur les cendres de plusieurs dizaines de partis politiques. Ces leaders qui apprennent désormais à vivre ensemble, à décider ensemble et à être disciplinés ensemble, rivalisent d’imagination sur le terrain. Cette traditionnelle hyper activité des politiciens à la veille de chaque consultation électorale n’apporte aucune valeur ajoutée aux préoccupations des populations qui veulent vivre et s’épanouir dans un environnement meilleur.
Cette fois, il leur faudra convaincre par des idées et non des promesses mirobolantes qui « d’ailleurs n’engagent que ceux qui y croient ». Patrice Talon avait déjà donné le ton il y a quelques jours lorsqu’il recevait les vœux des présidents des institutions de la République. Il espère vivement que les législatives prochaines seront « l’occasion de vrais débats de société pour permettre aux électeurs de faire des choix conséquents ». Cette invite à toute la classe politique et principalement à ses partisans n’a pas encore rencontré un écho favorable. En effet, la saison des tournées de restitution des travaux des congrès constitutifs de l’Union progressiste et du Bloc républicain suit son cours. Mais à aucun moment, les soutiens du chef de l’Etat ne posent les vrais débats lorsqu’ils sont en face des populations. A leur décharge, on peut estimer que leur calendrier ne leur permet peut-être pas de dévoiler un pan des discours de campagne.
Soit. Mais leur attitude ne peut plus être la même que par le passé. Désormais, ils devront prouver jusque dans leurs faits et gestes que la réforme du système partisan est véritablement effective. Renoncer aux multiples partis politiques pour en créer d’autres plus grands et plus implantés sur le territoire national ne veut pas dire grand-chose si le fond du discours ne change pas. C’est le moment ou jamais de lancer les débats d’idées, de faire des propositions objectives dont la mise en œuvre propulserait le Bénin sur la voie du développement. Patrice Talon a bien fait de donner le mot d’ordre. Ses partisans ne peuvent pas se défiler. Fidèles à leur leader, ils devront prendre en compte ses aspirations et les traduire en actes. Il est temps que les partis politiques candidats aux législatives arrêtent de surfer sur du vide. Donner un bon contenu aux discours, tel est le challenge qui doit être relevé d’ici le 28 avril.



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