En vérité : Les bienfaits du quitus

Isac A. YAÏ 28 mars 2019

Le voile vient d’être levé. La moisson a été abondante pour la direction générale des impôts. Quelques semaines ont suffi pour qu’elle fasse une collecte plutôt impressionnante. 2,7 milliards. C’est le montant total versé dans les caisses du Trésor public par les demandeurs du quitus fiscal qui ont manifesté leur volonté de participer aux législatives devant se tenir courant 2019. Le code électoral aurait permis que cette pièce indispensable pour tout dossier de dépôt de candidature soit délivrée par les receveurs des impôts comme cela se faisait par le passé que ce résultat ne serait pas atteint. Le soin de sa délivrance ayant été confié au directeur général des impôts ou à son adjoint, et avec le dispositif électronique mis en place à cet effet, il était quasiment impossible pour les potentiels candidats de faire des négociations en vue d’obtenir le précieux sésame. Le moins qu’on puisse dire est que cette méthode a payé.
Quoi qu’on dise, même si des voix continuent de s’élever pour fustiger des ratés ou des manœuvres dans la procédure, il faut reconnaître que l’institution du quitus fiscal nouvelle formule est salutaire. Grâce à cet outil, plusieurs acteurs politiques qui ont contourné le fisc pendant des années ont été contraints de se mettre en règle. Lorsqu’on nourrit la prétention d’occuper des postes publics électifs, le bon sens impose qu’on soit de bonne moralité et irréprochable à bien d’égards. L’institution du quitus fiscal participe de cette quête de promotion de la vertu au sein du personnel politique. Dorénavant, il faudra compter avec cet instrument pour assainir un tant soi peu les mœurs politiques perverties depuis des lustres. En se prononçant sur le bilan qu’il convient de faire au terme de cette première expérience de la délivrance du quitus fiscal sous son nouveau jour, la plateforme des organisations de la société civile est plutôt satisfaite.
Fatoumatou Batoko Zossou, présidente de la plateforme et ses pairs applaudissent l’avènement de cette réforme salutaire pour la bonne santé des caisses de l’Etat. Et c’est tout naturellement qu’ils ont livré à l’opinion le résultat de leurs enquêtes effectuées au niveau de la direction générale des impôts. Ainsi, dans le cadre des législatives de 2019, 3358 demandes ont été enregistrées. 3083 demandeurs ont eu le bonheur d’avoir gain de cause. Ce qui équivaut à un taux de réalisation d’environ 71%. Curieusement, la totalité de ces quitus fiscaux n’a pu être retirée. 2380 citoyens en règle ont effectivement obtenu ce résultat. Dans les tiroirs de la direction générale des impôts traînent encore 703 quitus qui ne sont toujours pas aux mains de leurs propriétaires. C’est pourquoi la plateforme fait le plaidoyer que tous les citoyens ayant un solde zéro rentrent en possession de ce document.
Il fallait que ce point soit rendu public pour que l’opinion connaisse la somme qui a été déboursée au total par le personnel politique pour se mettre en règle sur cet aspect des choses. En son temps, rien qu’à l’évocation de ce document, beaucoup ont connu des sueurs froides et des jours de tourments. Tout ça est derrière eux. Ils ont appris à leurs dépens qu’il vaut mieux ne rien devoir à l’Etat plutôt que d’accumuler des dettes qui seront payées tôt ou tard. Cette leçon, ils s’en souviendront pendant longtemps. Dans quelques mois, à l’occasion des municipales, communales et locales, la direction générale des impôts sera encore au four et au moulin. Les potentiels candidats savent déjà à quoi s’attendre. Ils prendront sûrement leurs dispositions à temps pour ne pas se faire surprendre.





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