En vérité : Les félicitations du Fmi

Moïse DOSSOUMOU 18 décembre 2019

Elle n’est pas au creux de la vague. En dépit des chocs exogènes, l’économie béninoise tient debout. C’est ce qu’il faut retenir de la conclusion de la 5ème revue du programme appuyé par la Facilité Elargie de Crédit. Par un courrier en date du 13 décembre dernier, Mohamed-Lemine Raghani, Administrateur du Fmi, a transmis les félicitations de l’institution qu’il dirige au gouvernement béninois, via le ministre de l’économie et des finances. Romuald Wadagni qui a reçu la bonne nouvelle peut dormir tranquille. Les efforts des décideurs viennent de recevoir une reconnaissance internationale de la part même de ceux qui sont au chevet de nos finances. Sur papier, vu à la loupe des experts dont les bureaux trônent dans le majestueux quartier américain de Bretton woods, le Bénin à travers son économie tient la route. Ce n’est pas tous les jours que la communauté internationale relève des prouesses à l’actif de notre pays, surtout dans un contexte difficile.
Le 20 août dernier, sans crier gare, le Nigéria a fermé ses frontières avec le Bénin et le Niger. Cette mesure brutale, a priori brève, prend des allures d’éternité. Abuja campé sur sa position ne donne aucun signe tangible devant aboutir à un dégel. Les médiations entreprises, séparément ou de commun accord par le Bénin et le Niger, ne laissent rien paraître. Celles conduites sous l’égide de la Communauté économique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedeao) sont également restées vaines. Inflexible, Muhammadu Buhari joue les prolongations. Quatre mois déjà que le Bénin qui tirait d’importants revenus de ses échanges avec son voisin de l’Est subit et s’adapte. Pendant que les diplomates s’activent pour un retour à la normale, le gouvernement a contourné les difficultés afin que les répercussions désastreuses sur l’économie locale soient adoucies. Visiblement, les efforts sont couronnés de succès.
« Le Conseil a approuvé la requête des autorités béninoises pour l’extension technique de quatre mois du programme ainsi que les modifications de critère de performances. La conclusion de la 5ème revue se traduit par un décaissement immédiat de 15,917 millions de dollars ». Ces mots d’encouragement adressés au Bénin sont un signal de la mise en œuvre satisfaisante du programme par les autorités béninoises. Ce n’était pas évident dans ce contexte de durcissement de ton de la partie nigériane que le Bénin s’en sorte sans de gros dégâts. Mais, petit à petit, les nationaux se sont habitués à cette nouvelle donne au point de s’y adapter. A part quelques producteurs dont les produits périssables leur sont restés sur les bras, la plupart se sont mis à dénicher d’autres circuits d’écoulement. Aujourd’hui, le marché nigérian n’est plus le réflexe numéro 1 des producteurs et commerçants.
Certes, les affaires ne sont plus aussi florissantes qu’elles l’étaient il y a quelques temps. Tant bien que mal, les uns et les autres ont trouvé l’équilibre dans une certaine mesure. Face aux difficultés les plus imprévisibles et les plus éprouvantes, il y a toujours une porte de sortie ou tout au moins une parade qui permet de se tirer de ce mauvais pas. Tout en recevant les félicitations du Fonds monétaire international, le gouvernement est appelé à aller plus loin, pour rendre l’économie béninoise attrayante et compétitive. C’est un fait qu’elle soit résiliente. Il ne faut pas s’en contenter.





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