En vérité : Les merveilles du coton

Moïse DOSSOUMOU 11 juin 2018

Le coton, c’est son affaire, sa chasse gardée. Dans cette filière agricole, il n’a plus rien à prouver. Patrice Talon, puisque c’est de lui qu’il s’agit, naguère opérateur économique, aujourd’hui président de la République démontre suffisamment qu’il maitrise le secteur du coton. Les décennies d’expériences qu’il a accumulées au milieu des multiples acteurs de cette filière sont maintenant capitalisées au profit de la République. Les Béninois qui ne connaissaient de lui que ce profil laudateur de roi du coton l’attendaient sur ce terrain. Il faut dire qu’ils sont généreusement servis. Les résultats qui sanctionnent les deux dernières campagnes agricoles sont éloquents à plus d’un titre. En peu de temps, le chef de l’Etat a su actionner les leviers nécessaires pour redonner vie à cette filière d’exportation. Aujourd’hui, le Bénin figure dans le peloton de tête des pays producteurs de l’or blanc de la sous-région.
Le compte-rendu du dernier Conseil des ministres en date du mercredi 6 juin 2018 lève un coin de voile sur les performances réalisées à cet effet. La campagne cotonnière 2017-2018 a accouché d’une production record de 597 986 tonnes pour une superficie totale emblavée de 530 145 hectares. « Comparée aux résultats de la campagne précédente qui avait enregistré 451 121 tonnes pour 418 947 hectares, il s’en déduit que la production cotonnière a amorcé une nette tendance haussière ». En termes financiers, cette performance s’élève à cent cinquante cinq milliards trois cent trente cinq millions huit cent trente huit mille deux cent soixante (155 335 838 260) Fcfa. En prenant acte de la volonté des producteurs d’atteindre des niveaux plus élevés, le Conseil des ministres s’engage à garder le cap. Et on ne peut que s’en réjouir.
Faut-il le souligner, ces résultats élogieux ont été atteints sans la moindre subvention du gouvernement. Cerise sur le gâteau, le Trésor public capte désormais « des ressources directes depuis deux ans à travers le prélèvement d’une taxe de 10fcfa/kg perçue au cordon douanier. Ce prélèvement se chiffre à deux milliards cinq cent soixante huit millions sept cent mille (2 568 700 000) fcfa pour la fibre de coton et à trois milliards cent soixante et six millions quatre vingt mille (3 166 080 000) fcfa s’agissant de la graine de coton ». A ces recettes s’ajoutent la patente et divers impôts et taxes. C’est une évidence que l’ensemble de la chaîne des acteurs de même que l’économie nationale tirent profit de la renaissance de cette filière. « Ces résultats encourageants permettent de présager d’une meilleure performance de notre agriculture si les efforts sont poursuivis au niveau de cette filière mais également des autres spéculations ».
C’est à ce niveau que le gouvernement est attendu. En seulement deux ans, Patrice Talon a démontré qu’il peut faire gonfler les chiffres au niveau du coton en maximisant la production. Pourvu qu’il fasse autant au niveau des autres filières. Depuis peu, l’Exécutif fait montre d’un certain intérêt pour le cajou. Autant que le coton, cette filière aussi peut donner des résultats impressionnants si les leviers pertinents sont actionnés pour la bonne cause. C’est aux pouvoirs publics d’impulser la nouvelle dynamique là aussi pour que l’ensemble de la chaîne des acteurs et l’économie nationale en tirent des subsides importants. Le coton seul ne pourra pas faire l’affaire. Encadrées, d’autres filières agricoles sélectionnées sur la base d’études sérieuses produiront à court et à moyen terme des résultats élogieux à l’instar du coton. Le défi de la diversification agricole s’impose aujourd’hui plus qu’hier.





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