En vérité : Les nouveaux visages des communes

Isac A. YAÏ, Moïse DOSSOUMOU 25 mai 2020

Ils ne sont plus que trois. Partis d’une multitude il y a seulement cinq ans, leur nombre a été significativement revu à la baisse. Et pour cause ! La réforme du système partisan est aussi passée par là. Aujourd’hui, on ne retrouve qu’un trio de forces politiques aux commandes des 77 collectivités territoriales décentralisées. Si d’une commune à une autre, les visages des nouveaux élus diffèrent, il ne sera pas difficile de remonter à la sensibilité politique des uns et des autres, tellement le paysage s’est éclairci. L’Union progressiste, le Bloc républicain et la Force cauris pour un Bénin émergent ont, pour ainsi dire, le vent en poupe. Ils ont réussi là où le Parti du renouveau démocratique (Prd) et l’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn) ont échoué. Jusqu’en 2023 tout au moins, ces trois creusets politiques seront considérés comme ceux ayant véritablement voix au chapitre. Les autres devront ronger leur frein.
Les municipales et communales du dimanche 17 mai dernier ayant consacré le règne de trois formations politiques sur le quinté en compétition, la donne change radicalement pour ce qui est de la gouvernance dans les communes. Même si le corps électoral ne s’est pas manifesté avec un engouement prononcé, on retient que le choix des Béninois s’est porté pour l’instant sur les partis éligibles à l’octroi des postes de conseillers communaux. Comme ce fut le cas pour les législatives d’avril 2019, l’Union progressiste est arrivée en tête des suffrages. A son actif pour le moment, rien qu’à considérer la règle de la majorité absolue, elle a réussi le pari de contrôler 34 communes. Il y a des chances que ce chiffre soit incessamment revu à la hausse. Si le Bloc républicain a amélioré son score électoral, ce parti n’a pas su recueillir la majorité des suffrages exprimés au plan national comme annoncé initialement.
Néanmoins, 20 communes se trouvent déjà dans l’escarcelle du cheval cabré. Le compte n’est pas clôturé. La surprise du dépouillement vient à n’en point douter des Forces cauris pour un Bénin émergent. Dépourvue de son leader charismatique et affaiblie par des démissions en cascade, la bande à Paul Hounkpè a su, contre toute attente, tirer son épingle du jeu. Crédité de 14, 98% des suffrages exprimés, ce parti renaît de ses cendres et s’arroge sans discussion 7 communes. Si les vents lui sont encore favorables, il n’est pas exclu que d’autres localités tombent encore dans son giron. Inscrit comme parti d’opposition, ce creuset tranche en apparence avec les deux autres, sortis des entrailles du gouvernement. Peut-être que désormais, les cauris se montreront critiques envers le pouvoir. Ça, l’avenir nous le dira. Dans une poignée de jours, les nouveaux élus installés à leurs postes feront montre de leur savoir-faire.
Expressément instruits par le chef de l’Etat, les dix préfets qui ont compétence sur l’ensemble des 12 départements du pays entreront en scène pour installer les différents conseils communaux et valider par la même occasion, l’élection des maires, de leurs adjoints ainsi que des chefs des 546 arrondissements. Après cette étape cruciale, place sera laissée au développement local. Les mille et une promesses faites aux populations lors de la campagne électorale seront enfin concrétisées ou non. Tout compte fait, un nouveau virage sera abordé pour ce qui est de la gouvernance locale. Les nouveaux partis qui se veulent forts pourront-ils discipliner leurs élus au nom de la promotion de la vertu ? Vivement que la libre administration des communes gagne en qualité. C’est le souhait des populations qui aspirent à un mieux-être.





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