En vérité : Les paradigmes de l’espérance !

Angelo DOSSOUMOU 22 mai 2018

L’Afrique, un continent pauvre mais, grâce à ses atouts, un continent d’avenir. Ça, le Pape François en est convaincu. Et, au tréfonds de son cœur, l’Afrique et son développement occupent une place de choix. Devant son hôte de marque venu du Bénin, l’occasion était donc bonne pour que le chef de l’Eglise catholique puisse partager sa réelle préoccupation, ses convictions et ses solutions. Elles se résument en quelques mots : un changement de paradigmes pour l’Afrique.
A première vue, l’appel du souverain pontife n’a rien d’exceptionnel. D’ailleurs, à ce sujet, l’unanimité est faite. Mais, à l’analyse, entre ce discours papal et l’audace pour s’affranchir des paradigmes rétrogrades, le fossé est grand. Pourtant, il n’y a pas d’autre choix que l’impérieux bond si tant est que le continent noir tient à retrouver et emprunter la voie du salut.
Tout simplement, pour une Afrique debout et fière d’elle-même, il faut changer les paradigmes. Ou, en termes clairs, opérer, quand il est encore temps, les réformes idoines et surtout, définitivement bannir les gâchis et la corruption érigés en systèmes. A cet exercice, certaines gouvernances en Afrique s’adonnent déjà. Avec la bénédiction du Saint père, Patrice Talon, de retour du Vatican, devrait, sans aucun doute et dans ce sens, accélérer les pas.
Sinon, pour le Bénin en particulier et l’Afrique en général, le retard est criant. 58 ans d’indépendance en moyenne et nous voici toujours à la traîne. Malgré une démographie aujourd’hui enviée, les bras valides à foison et la richesse du sous-sol, le continent cher au Pape François verse encore dans la précarité et le dénuement. Après les tristes épisodes de l’esclavage et de la colonisation, il n’a jamais véritablement réussi à regagner sa fierté et sa dignité.
Alors, à moins qu’il ne soit pour l’injustice et la marginalisation, la déception africaine ne peut qu’être un souci, de tous les instants, pour le souverain pontife. J’imagine que pour un président qui tient à être porté en triomphe à la fin de son mandat, il l’est encore plus. Et si ailleurs, comme au Botswana, au Rwanda et au Ghana, certains chefs d’Etat ont, contre vents et marées, gagné le pari de changer de paradigmes, au Bénin, il ne dépend d’abord que du chantre du Nouveau départ pour qu’on satisfasse pleinement aux vœux du Pape.
En définitive, seul commandant à bord du navire Bénin et spirituellement armé par l’explicite injonction du Saint père, Patrice Talon sait désormais qu’il est sur le bon chemin. Celui par lequel son peuple s’affranchira du complexe d’infériorité et de la pauvreté qui est avant tout, de l’esprit. Et si généralement, un souverain pontife ne dit rien au hasard, surtout qu’il s’agit du Pape François qui est un grand réformiste, il ne reste alors qu’à Talon de se convaincre davantage que la persévérance est la clé de la réussite. Et quand le ciel s’en mêle, forcément, elle n’est plus loin.



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