En vérité : Limiter les inondations

Moïse DOSSOUMOU 25 mars 2020

Elle s’annonce de plus belle. La grande saison des pluies qui s’étend de mi-mars à mi-juillet fait déjà parler d’elle. Si les averses ne sont pas encore d’actualité, il faut quand même noter que les précipitations enregistrées ne sont pas négligeables. Depuis quelques jours, les populations de la partie méridionale du pays ont renoué avec les effets découlant des pluies. Finie la saison sèche. A tout moment, les nuages peuvent donc se déverser sur le sol. Dans les grandes villes du pays, la hantise des citoyens est liée aux inondations cycliques. Cotonou, la métropole, a conservé sa renommée en la matière. Mais de plus en plus, d’autres cités subissent également de plein fouet, les affres de ces caprices de la nature. Abomey-Calavi, Porto-Novo, Sèmè-Podji, pour ne citer que ces localités, n’échappent pas aux effets pervers liés à la stagnation des eaux dans les ruelles pendant plusieurs jours.
A priori, cette saison, la facture ne devrait pas être particulièrement salée. Plusieurs rues traditionnellement inondées ont bénéficié du projet asphaltage. Reste que les travaux soient vite achevés afin que les caniveaux récemment construits puissent jouer convenablement leur rôle. Comme le faisaient les communes à leur rythme, il est important que l’ensemble des caniveaux soient récurés. Les divers déchets qui s’y trouvent empêchent les eaux de ruissellement de rejoindre leur lit. Puisque l’Autorité du Grand-Nokoué qui prend en compte plusieurs collectivités locales est entrée dans sa phase active pour ce qui est du volet assainissement, elle devra poursuivre sur cette lancée. En intelligence avec les communes, cette Autorité est appelée à parer au plus pressé afin que les ouvrages d’assainissement soient vidés de toutes les matières qui les encombrent. A force d’attendre, le mal sera déjà fait et les efforts consentis n’auraient pas servi à grand-chose.
Actuellement, c’est le branle-bas dans les chapelles politiques. Les élus communaux sortants et qui souhaitent renouveler leurs mandats n’ont pas la tête à penser à l’assainissement des cités. Les maires et les chefs d’arrondissement notamment qui devraient s’occuper de ces détails sont préoccupés par les élections qu’ils veulent gagner à tout prix. Du coup, les services techniques qui doivent recevoir les instructions afin de descendre sur le terrain pour les travaux de curage sont dans l’attente. Il faut espérer que les choses commencent par bouger de ce côté-là. Les rues asphaltées ne sont pas dispensées du curage des caniveaux. Toute la voirie communale doit subir cette cure d’assainissement dans les meilleurs délais pour éviter que les eaux stagnent dans les ruelles. La facture qu’engendrent le paludisme et les maladies hydro-fécales est très lourde à supporter pour les ménages qui ont du mal à joindre les deux bouts.
C’est heureux que l’autorité du Grand Nokoué soit créée et installée. Il lui faut, au-delà de ses missions, œuvrer afin que les dommages créés par les eaux de pluie ne soient plus aussi importants qu’auparavant. Cette tâche traditionnelle à laquelle les populations sont habituées attend d’être effective. Le moment s’y prête. Après, ce sera compliqué. Vivement que les maires dont les communes subissent les inondations se réveillent pour lancer cette opération. C’est à la fois une question d’assainissement et de sécurité.





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