En vérité : Militer pour la paix

Moïse DOSSOUMOU 18 juin 2019

Les lendemains du 28 avril dernier ne sont pas des plus reluisants. Le Bénin, habitué depuis trois décennies à un climat de paix, avant, pendant et après les consultations électorales, est à un carrefour. Ces législatives non inclusives qui ne cessent de déchaîner des passions donnent lieu à des violences qui relèvent de l’inédit dans le Bénin post Conférence nationale. Parakou, Tchaourou, Savè, Kilibo et Cotonou se sont illustrés à travers de vives protestations. Les dernières en date remontent à la semaine écoulée où les localités de Tchaourou et Savè se sont encore fait signaler. Eprouvées par ce regain de violences, les forces de défense et de sécurité qui comptent des dizaines de blessés dans leurs rangs, sont parvenues, lentement mais sûrement à prendre le contrôle de la situation. Il était temps. Le plus urgent à faire, c’est de créer les conditions pour le maintien durable de la paix et de la quiétude dans les cœurs.
Ce vœu qui doit être celui de tout patriote n’est pas forcément partagé par tous. Il y a hélas des pervers qui se plaisent à pourrir l’atmosphère en créant la psychose dans les esprits. C’est un fait que ces élections qui laissent perplexes auraient pu respecter la tradition démocratique par la participation de toutes les forces politiques. Mais les couacs ont finalement consacré le contraire. Il faut donc à partir de ce moment s’investir de toutes ses forces dans la recherche des voies et moyens pour l’expression pacifique des frustrations. Au point où nous en sommes, avec la tension qui couve par endroits, il n’est pas bienséant de jeter de l’huile sur le feu. L’essentiel est que les erreurs soient corrigées sans porter atteinte au vouloir vivre ensemble dans un climat de paix. Il est vrai que les choses auraient pu se passer autrement. Mais le « mal » est fait.
Ne pas détruire la maison Bénin, telle doit être la bonne attitude par les temps qui courent. Se fondant sur les causes des récents événements de Tchaourou et de Savè, il est distillé dans l’opinion, via les réseaux sociaux, des rumeurs dont le seul objectif est d’attiser le feu. A titre d’illustration, un projet d’arrestation de certains leaders politiques a été suffisamment ventilé ces dernières heures. La toile prise d’assaut par tout et n’importe quoi sert de relai pour de telles perversions. Il a fallu que la police républicaine apporte un démenti pour que ceux qui ont cru à cette machination se ravisent. Mine de rien, si la vérité n’avait pas été rétablie, il n’était pas exclu que de nouveaux foyers de tensions s’allument sur les cendres de celui de Tchaourou. Ce n’est pas responsable de la part des instigateurs, dans le contexte actuel, au nom de l’intérêt général.
Ils auraient pu s’abstenir de susciter d’autres troubles. Très vite, l’émoi s’est emparé des uns et des autres. La police dans son rôle de préservation de l’ordre public sur l’ensemble du territoire national peut choisir d’aller au-delà du démenti en se mettant aux trousses des auteurs de ces actes qui seraient appelés à en répondre devant la justice. Tenons-le pour dit. Le règlement de la crise politique actuelle n’a pas besoin d’autres soulèvements. Ce qu’il y a à faire, c’est de privilégier les pistes de règlement pacifique, notamment en insistant sur la promotion d’un dialogue sain. Chacun doit s’engager sur cette voie où qu’il se trouve, quelle que soit sa position. Militer pour l’escalade ne fera du bien à personne, bien au contraire. Après ce regrettable accident de parcours, il sied de conjurer ce mal au nom de la patrie au lieu de chercher à envenimer la situation. Ce bien précieux qu’est la paix, nous en avons tous besoin.





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