En vérité : Nouvelle dimension contre le Covid

Moïse DOSSOUMOU 30 mars 2020

Il lui a fallu deux semaines pour se prononcer sur le sujet. Depuis le 16 mars 2020 que ce virus qui défraie la chronique a été introduit au Bénin, le chef de l’Etat s’est enfin résolu à s’adresser à ses mandants à la veille l’installation du cordon sanitaire qui isole 10 communes du reste du pays. Pendant ce temps de silence, Patrice Talon s’est personnellement impliqué « dans tous les segments de la riposte » à savoir « la collecte des données aux plans national et international, leur analyse, l’appréciation des impacts sanitaires, médicaux, financiers, économiques et sociaux, les projections à court et moyen termes et enfin la stratégie et la mise en œuvre d’actions » conséquentes. C’est donc après avoir pris la mesure de l’enjeu qu’il a enfin donné de la voix sur le sujet. Comme à l’accoutumée, le premier citoyen Béninois a été peu prolixe.
En une poignée de minutes, il a tenu à dire l’essentiel. Les Béninois savent mieux qu’hier qu’ils sont les premiers responsables de leur sécurité sanitaire. L’appropriation et le respect des gestes barrières diffusées un peu partout permettront aux populations de se prémunir contre cette pandémie qui s’attaque de manière frontale à la race humaine. Le lavage régulier des mains à l’eau et au savon ou à défaut au moyen d’un gel hydro-alcoolique est un geste qui vaut son pesant d’or par les temps qui courent. De la même manière, il n’est pas superflu de rappeler qu’il faut absolument éviter de se toucher les yeux, le nez et la bouche, car ces organes sont des portes d’introduction privilégiées du virus dans l’organisme humain. Quid alors des regroupements ou des situations qui mettent en contact rapproché plusieurs personnes ? C’est le moment de se tenir à l’écart des attroupements et de fuir les compagnies rapprochées.
Au cours de son intervention dans la matinée d’hier, Patrice Talon s’est montré alarmant. « La situation sanitaire et le risque sanitaire auxquels nous soumet le coronavirus sont préoccupants, sinon très graves ». Au même moment, il s’est voulu rassurant. « La menace est sérieuse, elle est grave. Mais nous avons les moyens d’y faire face ». Pour y parvenir, il demande aux Béninois, précisément ceux qui ont élu domicile au sein du cordon sanitaire mis en place par le gouvernement de faire preuve de volonté, de sacrifice et de discipline. Ainsi, pour les habitants des communes de Cotonou, Abomey-Calavi, Allada, Ouidah, Tori-Bossito, Zè, Porto-Novo, Sèmè-Podji, Akpro-Missérété et Adjarra, tout change à partir de ce jour. Jusqu’au 12 avril prochain, ils devront, tout en continuant à vaquer à leurs occupations, réduire leur mobilité et renoncer à certaines habitudes comme la fréquentation des bars, lieux de plaisance et salles des fêtes.
Le but de cette batterie de mesures est d’empêcher la propagation du virus à l’intérieur du pays mais aussi de sauvegarder l’activité économique. C’est pour cela que le gouvernement n’a pas fait l’option d’un confinement radical. Patrice Talon sait d’ailleurs mieux que quiconque que « la plupart de nos concitoyens donnent la popote avec les revenus de la veille ». Pour que le Bénin touché par cette pandémie s’en débarrasse au plus tôt, le chef de l’Etat, en appelle à la responsabilité de chacun et de tous. Le gouvernement aura beau prendre des mesures. Mais si les citoyens font fi de celles-ci, le mal va se propager et faire des victimes en séries. La balle est dans le camp de chaque Béninois. Tout le monde est menacé, d’où un changement radical de comportement, le temps que l’orage cesse. Instinct de survie oblige, comme l’a si bien dit le chef de l’Etat « nous devons combattre le virus et gagner ».





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