En vérité : Objectif : réélection !

Moïse DOSSOUMOU 22 avril 2020

Les élections de proximité, c’est pour le 17 mai prochain. Pour la quatrième fois sous le renouveau démocratique, les populations seront invitées à désigner leurs représentants au niveau des municipalités et communes. Les candidats qui sont conscients que leur sort est entre les mains des électeurs ne cessent de leur faire des yeux doux. Dans le lot des prétendants aux fonctions de conseiller municipal ou communal puis de maire, figurent quelques personnages, qui ne jurent que par leur réélection. Ceux-là ne partent pas à l’aventure. Ils n’ont qu’un seul objectif : gagner. Michel Bahou, maire de Missérété, en poste depuis 2003 se remet en selle. Le doyen des maires du Bénin qui règne en maître sur le territoire de sa commune sous la bannière du Parti du renouveau démocratique (Prd) veut rempiler. Sa longévité en fonction est à la fois un atout et une faiblesse. Les siens décideront sous peu.
Sèmè-Podji situé à une poignée de kilomètres de Missérété est également sous les feux de la rampe. Charlemagne Honfo, édile de la localité depuis 2015 est à la quête de sa réélection. Membre influent des « tchoco-tchoco », il fera feu de tout bois pour ravir la vedette à ses adversaires. Ces derniers, notamment militants de l’Union progressiste et du Bloc républicain ne veulent pas non plus se faire conter les événements. A son actif, Charlemagne Honfo a un bilan à défendre. Cela suffira-t-il pour que les habitants de la commune adhèrent à sa cause ? A-t-il suffisamment pris en compte les intérêts de ses mandants au cours des cinq dernières années ? Quand viendra le moment d’aller à la quête des suffrages, sa stratégie sera éprouvée à l’aune de celle de ses concurrents. Un peu plus loin dans le département de l’Atlantique, Célestine Adjanohoun, qui a pris les rênes de la cité balnéaire des mains de Sévérin Adjovi descend à nouveau dans l’arène.
L’une des rares femmes à diriger une collectivité locale décentralisée au Bénin ne veut pas lâcher l’affaire. Technocrate accomplie, habituée des milieux sportifs et politiques, elle rêve de poursuivre l’aventure à la tête de la commune de Ouidah. Elle sait mieux que quiconque qu’il faudra batailler dur pour s’imposer. La pugnacité dont elle a fait preuve pour accéder à cette fonction lui sera utile au cours de la campagne électorale. Au nom de la promotion du genre, ce serait idéal de voir plus de femmes prendre les devants des affaires publiques locales. Actuellement à cheval entre Bohicon et Cotonou, Luc Atrokpo veut réussir l’exploit de quitter la tête d’une commune pour une autre. Soutenu par son parti dans cette démarche, le président de l’Association nationale des communes du Bénin a des ambitions en grand format. Certes, il n’est plus à présenter. Ses actions d’éclat plaideront en sa faveur. Cela suffira-t-il pour convaincre l’électeur de Cotonou qui ne voit pas nécessairement les choses sous le même prisme que celui de Bohicon ?
Quoi qu’on dise, Luc Atrokpo s’est forgé une certaine carapace. Homme de réseau, il a l’habileté nécessaire pour parvenir à ses fins. Serait-ce encore le cas cette fois-ci ? La lutte, déjà âpre avant le déclenchement des hostilités, est la preuve que rien n’est gagné d’avance. Parakou, la belle du septentrion, est dirigée depuis quelques petites années par un maire engagé et volontariste. En peu de temps, Charles Toko aura réussi des transformations radicales tant dans les habitudes que dans le fonctionnement de l’hôtel de ville. Il a eu l’audace d’engager plusieurs réformes là où beaucoup auraient hésité et abandonné. Comme un buffle, il sait foncer droit vers le but. Cela lui portera-t-il chance ? Encore quelques semaines et les électeurs décideront.





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