En vérité : Opposants contraints à la vertu

Moïse DOSSOUMOU 22 juin 2020

Pour certains, ils sont à l’image du cheveu sur la soupe. Pour d’autres, ils sont l’expression d’une diversité. Pour d’autres encore, ils ne sont pas différents des soutiens du régime qu’ils disent combattre. Mais en apparence tout au moins, les élus Forces cauris pour un Bénin émergent sont estampillés comme étant les représentants de l’opposition au sein des conseils municipaux et communaux. Pendant que l’Union progressiste et le Bloc républicain se sont livré un combat de gladiateurs pour arracher la quasi-totalité des sièges en compétition, la bande à Paul Hounkpè a pu faire tomber quelques communes dans son escarcelle. Sur 77, les électeurs lui en ont octroyé 7 en guise de lot de consolation. C’est ainsi que ce parti voué à une fin certaine avant les communales du 17 mai dernier s’est accroché malgré tout à la vie. Depuis 2016, les membres de cette formation politique ont enfin l’opportunité d’exercer le pouvoir, fût-il local.
Ainsi, Aboubacar Yaya tient depuis peu les rênes de Parakou, la belle du septentrion. A quelques kilomètres de là, Zinatou Saka Osséni Alazi trône à Kandi. Un peu plus loin, Garba Yaya fait son come back en prenant le contrôle de Bembèrèkè. Ignace Ouorou quant à lui s’est attiré les faveurs des électeurs de Copargo. Le même exploit fut réalisé par Sanni Bio Kouri à Sinendé. Dans les Collines, Edmond Laourou n’a pas voulu être du reste. C’est ainsi que ses prouesses électorales lui valent de conduire les destinées de Bantè. La localité de Savè qui a beaucoup fait parler d’elle ces derniers mois est quant elle dirigée par Dénis Oba Chabi. Ces sept maires qui veulent être comptés parmi les contempteurs du régime de Patrice Talon ont le feu aux fesses. Contrairement aux 70 autres qui sont, pour ainsi dire, épaulés par une grosse machine, ceux-ci ne pourront compter que sur leurs propres forces.
Ce qui est attendu d’un Conseil municipal ou communal, c’est la prise de décisions qui impulsent le développement local et favorisent la démocratie participative. La partition du maire consiste à exécuter diligemment les conclusions issues des délibérations. A l’heure du bilan, les premiers responsables de nos communes ne seront pas jugés selon leur coloration politique, mais plutôt sur leurs capacités à opérer le changement tant souhaité. Même si on peut trouver à redire sur la posture du parti Fcbe qui n’adopte pas vraiment de positions viriles contre le pouvoir, sa déclaration d’appartenance à l’opposition milite en sa faveur. Du coup, ses élus, notamment les maires sont condamnés à prêcher par l’exemple. La bonne gestion sur tous les plans doit être leur credo. Ce serait malencontreux que des scandales avérés entachent le passage de ces édiles à la tête de leurs communes respectives.
Lorsqu’un parti opposé à l’action du gouvernement a des élus qui ne font pas de la bonne gouvernance un credo, il ne peut donner des leçons encore moins s’afficher comme une alternative crédible. Les maires et chefs d’arrondissements en provenance de l’écurie Fcbe sont à l’épreuve de la vertu qu’ils sont appelés à promouvoir, envers et contre tout. Au-delà de la critique et éventuellement des propositions, le rôle de l’opposition est de donner l’exemple lorsqu’elle a l’occasion de gérer les affaires publiques. Même si elle n’a que 7 communes à gérer, cette formation politique qui a perdu de son prestige, a une responsabilité devant l’histoire. Les maires issus de ses rangs sont face à une double exigence : obligation de résultats et saine gestion de la commune. Sauront-ils relever ce défi ? Leur mandat ne fait que commencer. A l’heure du bilan, ils vont se révéler, tels qu’ils sont réellement.





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