En vérité : Ouf, il était temps !

Angelo DOSSOUMOU 20 mars 2018

Sauvée par le gong et, sans doute, sauvée d’une année blanche. A nouveau, il y a de forte chance que définitivement, l’école béninoise s’éveille. Longtemps grippée par la grève, elle rouvrira, dès ce jour, ses portes. Ainsi en a décidé l’intersyndicale des enseignements maternel et primaire. Armes rangées, colère à peine contenue, pour cause de défalcations, les enseignants retrouvent leurs classes et la joie d’être utiles aux apprenants.
Ouf ! Il était temps. Enfin, la raison a triomphé. La grève au primaire est levée. Les pyromanes et champions de l’intoxication ont échoué. Et désormais, derrière nous, la menace de l’impasse et d’une année blanche tombe inexorablement à l’eau. Depuis des semaines, les parents d’élèves scrutaient le ciel à la recherche de cette bonne nouvelle. Au moment où ils s’y attendaient le moins, comme une pluie rafraîchissante, elle tombe et balaie leur doute.
Il est vrai qu’avant la fin de l’année scolaire, il serait prétentieux de crier déjà victoire. Mais, pour l’école et les générations futures, ce jour est celui de l’espoir. Sans crier gare, l’intersyndicale des enseignements maternel et primaire a pris ses responsabilités. Presque sans salaire depuis deux mois et devant le risque de perdre des avantages liés à l’organisation des examens, ils ont compris qu’à suivre les rois du jusqu’au-boutisme et les jouisseurs de la paralysie de l’Etat, ils se tirent une balle dans le pied.
Si au niveau de l’intersyndicale, ils ont effectivement compris qu’il ne sert à rien de tirer sur une corde, en passe de se casser, chapeau à eux. Certes, ils n’ont pas eu satisfaction à toutes leurs revendications. Mais, comprendre que le partenaire ne peut donner au-delà de ce qu’il a et qu’en aucun cas, on ne peut lui faire du chantage, c’est aussi une humilité à saluer.
Et, pour une renaissance, à l’école d’Adolphe d’Houdetot qui affirme : « Il ne faut pas avoir raison, ni trop tôt, ni trop tard, ni tout seul », nos responsables de l’intersyndicale sont allés. Tant mieux ! Pourvu qu’ils fassent des émules et que nos magistrats, nos agents de la santé, nos enseignants du secondaire et du supérieur leur emboîtent le pas. Car, ce n’est pas moi qui le dis mais bien Erik Satie : « Si l’on veut avoir raison, réellement raison, il faut commencer par être raisonnable ». A bon entendeur…salut !
Dès lors, quand il est question d’éducation, de justice, de santé, sachons tous raison garder. Et, ce n’est pas Victor Hugo qui dira le contraire. « Chaque enfant qu’on enseigne est un homme qu’on gagne… Quatre-vingt-dix voleurs sur cent qui sont au bagne ne sont jamais allés à l’école une fois… ». Alors, chers enseignants, aux petits enfants, donnez le petit livre et contre vents et marées, donnez-leur donc le savoir. Peut-être qu’aujourd’hui, des esprits peu éclairés vous traiteront de flemmards. Mais demain et c’est certain, l’école vous le rendra au centuple. Pourquoi pas au multiple, éternellement et glorieusement ? Amen !



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