En vérité : Plaidoyer pour les pistes rurales

Moïse DOSSOUMOU 25 juillet 2019

Ils vivent la croix et la bannière. Dans les Collines comme partout ailleurs au Bénin, la libre circulation des personnes et des biens est sujet à plusieurs entraves. Sortir de chez soi pour vaquer à diverses occupations n’est pas toujours aisé pour les habitants du Bénin profond. Déjà que dans les villes le problème se pose en dépit des efforts des gouvernants, dans le monde rural, la galère des populations est encore plus manifeste. Glazoué, une commune du centre du Bénin n’échappe pas à cette réalité. Passage obligé pour se rendre dans la partie septentrionale notamment à Parakou ou à Cotonou selon le lieu de provenance, cette commune, en dépit de ses potentialités agricoles et culturelles, n’offre pas un grand attrait. Il suffit de s’aventurer dans les arrondissements pour toucher du doigt les réalités des populations. En matière de voie de circulation, le constat est amer.
Les routes devant relier les différents arrondissements au chef-lieu de la commune sont dans un état de délabrement avancé. Le cas le plus frappant est celui de l’axe Glazoué-Aklampa long de 32km environ et qui est un sujet de préoccupation majeure pour les populations avoisinantes, qui bien souvent n’ont que des moyens rudimentaires de locomotion pour arpenter cette piste escarpée. Le comble est que cet axe traverse d’autres arrondissements comme Thio et Assanté pour rejoindre Aklampa. Le grenier de la commune se trouvant sur ce parcours, il est aisé de constater qu’il est pénible pour les paysans d’acheminer leurs productions vers les villes. Ce calvaire, les populations le vivent seules, parce que leurs voix portent très peu. La commune n’ayant pas les moyens de construire une infrastructure routière de cette envergure, tous les regards sont tournés vers le gouvernement. L’attentisme des cadres de la localité tranche avec le dynamisme de quelques-uns.
Des démarches à l’actif d’une poignée de personnalités avec à leur tête l’honorable Edmond Agoua n’ont pas encore porté leurs fruits. Son plaidoyer orienté vers la direction générale des infrastructures du ministère des travaux publics n’a pas encore reçu un écho favorable. Et pour cause ! En dépit de sa position stratégique, la réhabilitation de cet axe n’est prise en compte dans aucun projet. Certes, le gouvernement s’active pour doter le pays d’un réseau routier assez fourni. Ne pouvant tout faire à la fois, il met ainsi à rude épreuve la patience de ces populations qui vivent le calvaire au quotidien. De manière exceptionnelle, compte tenu de la triste réalité, il serait bien que cette voie soit au moins reprofilée à défaut d’être bitumée. Seule la volonté politique peut permettre de réaliser un tel projet qui épargnerait d’énormes tourments à ces Béninois qui ne savent à quel saint se vouer.
Les habitants des villes doivent leur survie aux productions champêtres des paysans. Pour que les vivres leur parviennent, il faut bien que les routes soient en bon état. D’où le présent plaidoyer. La première phase du projet d’asphaltage en cours est une réponse à la modernité des voies de circulation. Mais il faut aller plus loin en faisant un clin d’œil aux communautés rurales qui ont aussi besoin de s’épanouir à travers la réalisation de quelques infrastructures prioritaires. Elles sont beaucoup plus importantes que les habitants des chefs-lieux des communes et participent activement à la vie économique de par leurs précieux apports. Ce serait justice que de consentir à alléger leurs peines. Au-delà de Glazoué, toutes les communes rurales qui font face à ce problème sont aussi concernées. Au même titre que les populations urbaines, les Béninois de l’intérieur du pays seront heureux de disposer d’axes routiers bitumés afin de circuler d’un point à un autre sans handicap majeur.





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