En vérité : Plaidoyer pour un Cos sans polémique

Moïse DOSSOUMOU 2 octobre 2018

Le temps de l’action est venu. Le Conseil d’orientation et de supervision de la Liste électorale permanente informatisée (Cos-Lépi) s’est enfin jeté à l’eau. Cette semaine, les grandes manœuvres devant aboutir à l’actualisation du fichier électoral ont été enclenchées. Sous le leadership de Janvier Yahouédéou, les députés et les cadres qui pilotent cet organe ont choisi de se rappeler au souvenir de leurs compatriotes. Pendant des semaines voire des mois, ce fut le calme plat. En toute discrétion, les personnalités commises à la tâche ont pris le soin de poser les jalons pour faciliter l’accomplissement des grandes actions. Le contexte économique dans lequel cette mandature du Cos opère, ne facilite pas non plus une exposition médiatique de ses membres. Maintenant que le terrain a été déblayé, les actions d’envergure qui ne peuvent être passées sous silence ont commencé.
La formation des coordonnateurs départementaux et communaux de même que l’affichage des listes sont les prochaines étapes clés à honorer par le Cos. Pour que les acteurs de terrain maitrisent suffisamment leur rôle lorsqu’ils seront au contact des populations, il a été prévu, comme à l’accoutumée, qu’ils soient outillés afin de répondre promptement aux besoins exprimés sur place. Mieux, il leur sera aussi demandé de trouver des solutions aux nombreux problèmes qui ne manqueront pas d’être soulevés par les populations. C’est dans cette double logique que la formation prévue à cet effet sera dispensée dans les meilleurs délais. Dans le même temps, dès jeudi prochain, les listes électorales seront affichées dans tous les centres de vote, conformément à la loi. Ceci permettra aux citoyens de faire toutes les réclamations possibles. A terme, on devrait disposer de nouvelles listes complètement apurées et prêtes à l’emploi.
Depuis 2009 où le processus de la confection de la Lépi a débuté, toutes les fois où il a fallu toucher à cet outil sensible, cela a toujours déchainé les passions. Sur le qui-vive, les chapelles politiques font feu de tout bois pour alerter l’opinion à travers toutes sortes de dénonciations. Les différentes mandatures qui se sont succédé au niveau du Cos, ont pris leur part de feu quant à cette polémique qui revient de manière cyclique. Cette fois-ci encore, l’histoire se répètera. L’Agence nationale de traitement, l’organe qui s’occupe des aspects purement techniques de la liste électorale, aura encore fort à faire pour satisfaire les desiderata des uns et des autres. Sauf désintérêt manifeste qui pourrait advenir, il y a de fortes chances que les prochaines législatives suscitent un grand engouement. La condition non négociable pour participer à cette grand-messe électorale est de figurer sur les listes électorales. D’où les tiraillements observés çà et là.
L’autre polémique qui défraie souvent la chronique quand il s’agit du Cos est relative aux finances. La question préjudicielle du budget l’a toujours mis aux prises avec le gouvernement. Tout porte à croire qu’avec cette mandature, non seulement le budget a été revu drastiquement à la baisse, mais l’Exécutif s’est engagé à jouer pleinement sa partition. Il ne reste plus qu’à l’équipe dirigée par Janvier Yahouédéou, de démontrer ce dont elle est capable. Vivement que les considérations politiciennes qui engendrent des guerres de chiffonniers ne soient pas au rendez-vous. Pour une fois, les Béninois sauront gré aux membres du Cos d’accomplir le travail avec diligence, efficience et professionnalisme. Même s’il s’agit d’un outil à polémique dont la manipulation suscite des craintes et des interrogations de part et d’autre, la mission du Cos peut être assurée avec la plus grande rigueur et un sens élevé de responsabilité. C’est heureux que cette mandature ait opéré jusque-là sans grand bruit. Maintenant que les véritables travaux sont lancés, il urge que la sérénité soit de mise jusqu’à la fin du processus.



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