En vérité : Pleins feux sur le bloc progressiste

Moïse DOSSOUMOU 23 juillet 2018

Les choses se précisent. Le boulevard de la réforme du système partisan se dresse devant la classe politique. Après la mutation de l’alliance des Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) en un parti unique, la fusion tant annoncée de la multitude des micro partis en de grands blocs forts et homogènes se concrétise. Cette fois, ce sont les acteurs politiques qui soutiennent les actions du gouvernement qui se jettent à l’eau. Evoluant dans le sillage creusé par le chef de l’Etat, ces leaders politiques sont résolus à parler d’une même voix. Nombre d’entre eux ont déjà fait le deuil des formations politiques créées par eux-mêmes et dans lesquelles ils ont fait leurs armes jusque-là pour conjuguer leurs forces avec leurs pairs dans des creusets beaucoup plus élargis. Il a été annoncé la création de quatre grands partis au sein de la mouvance présidentielle. Le premier bloc a d’ors et déjà annoncé les couleurs.
Le bloc numéro 1 ou encore le bloc dit progressiste a pris de l’avance sur les autres. Un coin de voile a été levé hier sur sa composition. A en juger par le profil et la carte de visite de ses membres, la moisson est plutôt abondante. A l’Union fait la nation considérée comme le noyau dur, se sont greffées une dizaine de formations politiques. Ainsi, on dénote les Forces démocratiques unies (Fdu), creuset présidé par Mathurin Nago, la Renaissance du Bénin dirigé par Abraham Zinzindohoué, l’Union pour le Bénin présidé par Lucien Houngnibo, l’Alliance nationale pour la démocratie et le développement dirigée par Barnabé Dassigli, le parti Alternative citoyenne présidé par Roch David Gnahoui, le Congrès du peuple pour le progrès dirigé par Christelle Houndonougbo, l’Union pour la Solidarité et le progrès présidé par Jonas Gbènamèto, la Nouvelle vision pour la fraternité et le développement dirigé par Domitien N’ouémou, le Congrès pour le développement et la solidarité présidé par Aké Natondé et enfin le Parti pour la démocratie et le progrès social dirigé par Edmond Agoua.
Ils ont désormais décidé de faire route ensemble. Dans peu de temps, le congrès constitutif va consacrer la naissance de cette nouvelle formation politique. Ils devront apprendre à enterrer leurs égos respectifs pour faire grandir dans l’unité ce bébé politique. Et ça, ce n’est pas gagné d’avance. Mais ils ont déjà réalisé un exploit en acceptant d’enterrer les micro partis qui leur ont permis de se faire une place sur l’échiquier politique national. Au point où ils en sont, pour leur survie politique, il leur sera difficile de faire marche arrière. Adversaires par le passé, ils sont liés aujourd’hui par le même destin et devront se soutenir mutuellement pour continuer à avoir voix au chapitre. La pression exercée par le chef de l’Etat et sa détermination à aller jusqu’au bout de cette réforme n’ont pas laissé beaucoup de marges de manœuvres à ses partisans. En attendant le congrès constitutif, le Bloc progressiste vient de donner le signal.
En se résignant à donner suite à ce vœu maintes fois exprimé par Patrice Talon d’assainir le paysage politique, ces soutiens espèrent le retour de la manivelle. Ils sont, en effet, dans l’expectative de la jouissance du financement public de l’activité des partis politiques. Mais avant cela, il leur faudra conquérir un électorat beaucoup plus étendu que par le passé. Cette réforme qui a tout l’air d’une pilule amère difficile à avaler annonce néanmoins la culture de la discipline de groupe. « Autre temps, autres mœurs », dit l’adage. Patrice Talon a réussi son coup. Dans la fermeté, il a réussi à faire respecter son mot d’ordre. Pour lui, c’est déjà une victoire. Le plus dur appartient aux acteurs politiques. Comme l’a dit Henri Ford, « se réunir est un début, rester ensemble est un progrès, travailler ensemble est la réussite ».



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