En vérité : Pour ou contre les réformes ?

Moïse DOSSOUMOU 23 janvier 2019

Pour ou contre les réformes ? Ce sujet qui semble apparemment vidé reviendra en force lors des débats entrant dans le cadre des législatives du dimanche 28 avril prochain. Le corps électoral sera amené à adopter sans ambages une position claire et nette. En effet, les députés de la 7ème législature dont le mandat s’achèvera sous peu, ont adhéré en majorité à la vision et aux réformes initiées par Patrice Talon. Pour ce qui est de leur domaine de compétence, le plan législatif en l’occurrence, ils n’ont ménagé aucun effort pour accompagner les vœux du chef de l’Etat. C’est de cette manière que des réformes hardies, inespérées à la limite, ont été opérées sans grande résistance. Les députés du Bloc de la majorité parlementaire (Bmp) sont donc comptables à plus d’un titre des grands changements qui sont intervenus par la voie législative. Bientôt, face à leurs électeurs, ils devront défendre ce bilan, corps et âme.
L’une des réformes à connotation sociale qui a suscité le plus de remous, c’est incontestablement celle qui a trait à l’encadrement du droit de grève. Fin 2017, la Représentation nationale avait purement et simplement opté pour le retrait du droit de grève. La Cour constitutionnelle d’alors présidée par le Pr Théodore Holo s’était opposée à cette volonté du législateur, arguant qu’il lui fallait juste encadrer ce droit du travailleur, objet d’abus, au lieu de le supprimer. Quelques mois plus tard, les députés sont revenus à la charge en accordant seulement dix jours de grève par an aux travailleurs. Mais les magistrats, les agents de santé et les forces de l’ordre, compte tenu de la spécificité de leur métier, se sont vu déposséder de cette arme de revendication. Tollé général à la Bourse du travail. Les fonctionnaires attendaient le souffle coupé, le verdict de la Cour constitutionnelle. Cette fois, les sept sages n’avaient rien à reprocher à la loi.
Cette réforme, douloureuse pour les fonctionnaires et les responsables syndicaux, a pourtant des impacts positifs sur le quotidien des populations. Les grèves perlées étant désormais conjuguées au passé dans le secteur de l’enseignement, les parents d’élèves ont le cœur dégagé quant au cursus académique de leurs progénitures. Le fait de les savoir en classe face à leurs enseignants et non dans la rue exposées aux vices apaise les craintes. Immanquablement, le niveau des apprenants en baisse sera quelque peu relevé et les résultats aux examens de fin d’année meilleurs. De même, la ruée vers les cours privés sera davantage moindre, car l’école publique tournera à plein régime. Inutile alors de se ceindre les reins plus que de raison en s’acquittant des frais de scolarité élevés. Les justiciables également en ont eu pour leur compte. Il faut compter de plus en plus avec la présence aux postes des magistrats le long de l’année sans discontinuer.
Cela va de soi que les dossiers inscrits au rôle se vident avec une certaine rapidité. Les prisonniers, notamment ceux qui sont en détention préventive, voient leurs chances augmenter quant au dénouement de leur situation. Que dire de la santé ? L’hôpital public ouvert 24h/24 fait le bonheur des populations, des patients comme de leurs familles. Chacun sait désormais qu’il a l’assurance de tomber sur un agent de santé prêt à le soigner en cas de besoin. Ce n’était pas évident il y a quelques temps. Tout compte fait, les réformes annoncées et opérées par Patrice Talon sont censées servir l’intérêt général. La plupart des députés de la 7ème législature sont dans cette dynamique aux côtés du chef de l’Etat. Mais il y a aussi ceux qui souhaitent inverser la tendance et qui ne jurent que par l’abrogation desdites lois une fois élus à une large majorité. Les questions qui seront posées aux électeurs dans peu de temps seront sans équivoque. Sont-ils satisfaits du système éducatif fonctionnel à plein temps ? Sont-ils heureux de se faire soigner sans crainte d’être renvoyés pour fait de grève ? Veulent-ils d’une justice toujours opérationnelle ? Le dernier mot leur revient. Ce sera à travers les urnes, le dimanche 28 avril prochain.





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