En vérité : Retour à la case départ !

Angelo DOSSOUMOU 26 février 2018

Un pas en avant, deux en arrière ! Lueur d’une décrispation après des échanges de haute volée et subitement, avec les défalcations, voilà la grève qui revient au galop. De plus belle, après l’épisode ‘‘retrait du droit de grève’’, elle secoue la République et l’emporte dans ses flots. 5 jours sur 5 sans justice. 96h par semaine sans instruction. Si c’est pour paralyser le pays et empêcher les gouvernants d’atteindre leurs objectifs, il n’y a pas meilleure trouvaille. A ce rythme, il est clair qu’à l’autel des intérêts égoïstes, toute une génération montante se retrouvera sacrifiée.
Mais déjà, depuis des semaines, la grève, presque tout le monde en pâtit. La preuve, les activités tournent au ralenti. Pis, sous prétexte de l’épisode défalcation à l’affiche, c’est carrément le branle-bas. Tout simplement, le développement du pays est mis entre parenthèses. Et si on n’y prend garde, ne soyons pas étonnés que d’un problématique bras de fer, on en arrive à une gouvernance rupturienne totalement plombée et dévoyée. Pourtant, elle a été voulue à plus de 65% par le peuple.
Maintenant, revenons à la case départ. Pourquoi avons-nous élu Patrice Talon porteur de l’espoir d’une Rupture ? Certainement pour qu’il gouverne autrement. Ou si vous voulez, qu’il travaille sereinement au mieux-être de chacun et de tous et assure de façon pérenne, le développement intégral du Bénin.
Mais hélas ! La météo sociale n’augure rien de bon. Aux dernières nouvelles, au prix fort, le gouvernement payera l’outrecuidance de la défalcation sur les salaires. Soit. Seulement, avec les grèves perlées, on ne bâtit pas, on détruit. Et ce qu’on oublie, ce ne sont pas les gouvernants qui sont les grands perdants. C’est avant tout le pays et ses enfants. Vraiment dommage !
Et puisque le couac de l’heure entre partenaires sociaux et gouvernants, ce sont les défalcations et l’interprétation de l’article 25 de la loi N° 2001-09 du 22 juin 2002 portant exercice du droit de grève en République du Bénin, alors, pourquoi ne pas s’en référer à qui de droit ?
A mon avis, il ne sert à rien d’être plus royaliste que le roi. La loi sur le droit de grève est là pour régir la cité. Le juge administratif peut être saisi et trancher. Même si dans le contexte actuel, il n’est pas évident qu’à elle seule, la question du juridisme suffira à décrisper la tension sociale, c’est d’abord la première piste à explorer. D’ailleurs, des quiproquos sur les défalcations, la justice aidera pour qu’on en finisse une fois pour de bon.
Sinon, qui a raison, qui a une mauvaise lecture de la loi et qui en abuse ? Dans l’intérêt général, permettons à la justice de nous éclairer. Je ne pense pas moins que le philosophe Alain qui affirme : « la justice est ce doute sur le droit qui sauve le droit ». En attendant donc que le droit ne soit dit, dialoguons sans chantage et travaillons !



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