En vérité : Sociétés pour sauver les meubles !

Angelo DOSSOUMOU 8 février 2018

Ambition de faire les choses autrement et réformes pour corriger le tir et aller de l’avant. Sous le règne du Nouveau départ, ce n’est véritablement pas ce qui manque. Hier encore, au laboratoire gouvernemental, ce sont deux sociétés à vocation d’optimiser la gestion des biens publics qui ont été découvertes et s’en vont bientôt être essayées. La première, c’est la Société des infrastructures routières du Bénin. La seconde, appelons-la déjà la SoPIE. Entendez, la Société des patrimoines immobiliers de l’Etat.
Evidemment, l’initiative est bonne. C’est une excellente formule. Et pour cause, contrairement à l’affermage, les deux sociétés seront de droit privé mais, l’Etat en sera le seul actionnaire. Déjà, cette approche est une avancée. Et j’imagine que les cadres qui auront l’honneur d’être appelés à servir au sein de ces sociétés seront sous contrat. Auront un cahier de charges et qu’il y sera question d’une gestion axée sur le résultat.
D’ailleurs, la naissance de ces nouvelles sociétés n’est rien d’autre que la conséquence d’une gouvernance décriée. Inutile donc de rappeler la mafia qui a longtemps entouré la location des bâtiments administratifs et le management des ponts péage. On peut oser le dire puisque c’est en gestation, deux structures devront désormais répondre de la gestion des grands axes routiers et des biens immobiliers de l’Etat à usage commercial, sportif, touristique et ludique.
En plus clair, avec les dividendes tirés du réseau routier à péage, une nouvelle société sera en charge de son développement et de son entretien. Aussi, sa sœur jumelle aura la lourde mission de réhabiliter la plupart des biens immobiliers et d’assurer la pérennité des investissements réalisés. Grosso modo, pour ce qui est des attributions des deux sociétés, c’est une révolution.
Toutefois, danger ! L’erreur à ne pas commettre, c’est de tomber dans les mêmes travers qui sont à la base de la mort de l’hôtel Croix du sud, de la Sonapra, de l’Onasa et j’en passe. C’est toujours dans ce même Bénin que, des factures impayées par l’Etat ont tout simplement plombé la survie de certaines sociétés. Peut-être qu’on me servira que nous sommes sous la Rupture. Que les temps ont changé. Qu’avec les hommes du Nouveau départ, tout roulera comme sur des roulettes.
Mais, tout ceci ne me dit pas qu’il y a assez de garanties que la gestion des deux sociétés sera exempte de tout reproche et que toutes leurs prestations seront réglées à temps. D’où, avant qu’il ne soit trop tard, l’urgence d’anticiper sur la nuisance d’éventuels prédateurs des deux sociétés. Depuis toujours au Bénin, ce ne sont pas les idées qui ont manqué.
Pourtant, nous sommes là où nous sommes avec une administration et des sociétés improductives et endettées. Enfin, malheur à qui n’ose pas. Et, si avec ces options, l’avenir donne raison à la Rupture, ce sera tant mieux. Si rien ne change, il restera tout au moins, le mérite d’avoir essayé. Alors, chers ministres concernés par les toutes prochaines sociétés, faites diligence et que le Bénin gagne !





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