En vérité : Syndicalisme à l’œuvre !

Angelo DOSSOUMOU 16 janvier 2018

Agression du Bénin par des mercenaires…Paralysie du pays par une grève générale lancée par les centrales syndicales. Comparaison n’est peut-être pas raison. Mais, décidément, à ce rythme, la date du 16 Janvier ne laissera que de tristes souvenirs dans la mémoire collective. Et puisque nous y sommes, pendant 72 heures, une grève controversée aura raison de la quiétude des Béninois. Et pour cause, les travailleurs protestent contre le vote à l’Assemblée nationale d’une loi interdisant la grève à des catégories d’agents de l’Etat.
Inutile de polémiquer sur l’opportunité de ce mouvement d’ensemble. Désormais, ce qui importe, c’est de situer les responsabilités et de sceller la paix des braves. Déjà, retenons que le motif pour lequel les travailleurs entrent ce jour en grève est une proposition de loi votée dans un contexte d’insécurité sociale. Et qui pourrait reprocher aux députés de ne pas rester sans réaction face à ce triste tableau de morts pour défaut de soins ou des tribunaux paralysés au grand dam des justiciables et des citoyens désireux d’obtenir des pièces urgentes et importantes.
Dans ces conditions, il va sans dire que les centrales syndicales vont en grève contre le peuple, contre ses intérêts et surtout pour des alibis qui tiennent difficilement la route. Autre temps, autres mœurs. Hier, personne ne les avait vu aussi enthousiastes à défendre le droit de grève retiré aux douaniers.
Aujourd’hui, c’est un tollé général et des amalgames sur fond de récupération politique. Heureusement qu’à ce jeu de victimisation où excellent les centrales, certains syndicats ont refusé de jouer. Mieux, ces derniers exigent, et il faut les en féliciter, à leurs centrales, de privilégier le dialogue.
D’ailleurs, comment espèrent-ils défendre leur position, leur plate-forme revendicative en boycottant, comme à leur habitude, les négociations ? Au nom de quelle solidarité veulent-ils que des syndicats qui n’ont pas toujours les mêmes préoccupations les suivent dans leur mouvement de débrayage ?
En un mot, nulle part au monde, la politique de la chaise vide et du jusqu’au-boutisme n’a abouti à un terrain d’entente. D’où il est impérieux pour les partenaires sociaux de privilégier, le mieux qu’ils peuvent, la voie des négociations. Mais, il n’en demeure pas moins qu’à l’esprit, ils doivent constamment avoir que : « la règle, c’est le travail et la grève l’exception ». De même, que l’arme de la grève est l’ultime recours et que c’est la mort dans l’âme qu’ils y vont.
C’est dire que même si l’Exécutif n’a pas une baguette magique pour résoudre tous les problèmes des travailleurs à la fois, les échéances à eux fixées par lui, pour apporter des solutions à leurs revendications doivent avoir leur raison d’être. Mais, n’oublions pas qu’à présent, pour aller en grève, les syndicalistes surfent sur des lois à viser par la Cour constitutionnelle. Et que demain, si par hasard, ils ont satisfaction, l’alibi des revendications corporatistes serait de trop. Ils ont choisi. Et qu’ils ne soient pas surpris de donner l’impression d’être parfois des maîtres-chanteurs. A mon avis, ils sont des travailleurs. Ils ont le droit de défendre leurs intérêts professionnels. Mais, d’abord d’épuiser toutes les cartouches du dialogue. Seulement, tant que les raisons cachées des grèves éclipseront les raisons apparentes et feront le lit de l’enlisement, ce n’est pas demain que le Bénin sortira de l’auberge. C’est dommage. Et, pourvu que ça cesse !



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