En vérité : Tournant décisif !

Moïse DOSSOUMOU 16 juillet 2018

C’est un tournant décisif pour Patrice Talon. 27 mois déjà qu’il préside aux destinées du Bénin. Une période au cours de laquelle il a donné le ton de sa présidence. Fermeté et efficacité sont les maîtres mots qui guident ses actions. Les réformes, il y en a dans tous les secteurs. Nul doute que la liste à laquelle les Béninois ont eu droit jusque-là n’est pas exhaustive. Cela ne devrait surprendre personne puisqu’au cours de la compétition électorale, Patrice Talon a été on ne peut plus clair à ce sujet. Depuis avril 2016, le chef de l’Etat et son équipe s’activent pour bouleverser les habitudes. Comprises, acceptées ou rejetées selon le cas, ces réformes suivent leur cours avec des résultats par endroits. Contraint aussi d’ajouter à son actif des réalisations physiques dignes du nom, Patrice Talon ouvre déjà de grands chantiers. Au même moment, l’opposition lance l’offensive pour se remettre en selle.
Le Programme d’actions du gouvernement (Pag) est très ambitieux. Même les contempteurs du régime s’accordent sur ce point. Ne pouvant pas donner raison à ceux qui estiment qu’il ne s’agit là que d’un catalogue d’intentions, le président de la République s’est jeté à l’eau. Timidement, les réalisations commencent par sortir de terre. La route des pêches censée donner un boom au secteur du tourisme a pris corps. La plage de Fidjrossè et ses environs pourraient se métamorphoser en une station balnéaire si les efforts consentis sont maintenus. Il y a tout juste quelques jours, les chantiers de 21 stades communaux de 3000 places chacun ont été lancés. Les sites remis aux entrepreneurs sont en cours de valorisation. A la fin des travaux, le regain des jeunes pour les disciplines sportives sera manifeste. Que dire de l’asphaltage présenté comme un programme phare dans les grandes villes ? Ce n’est plus qu’une question de jours avant que les premiers coups de pioche soient donnés.
Paradoxalement, comme si elle n’attendait que ce signal, l’opposition se réveille de son profond sommeil. Après avoir donné l’impression d’être désorientée, la classe politique opposée aux actions du gouvernement reprend des couleurs. Les Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe), désormais muées en partis politiques, affichent leurs ambitions. Sous le parrainage de Boni Yayi, cette force politique qui a conquis l’électorat dans un passé récent se positionne à nouveau sur l’échiquier politique. Dans la même veine, la Coalition de Djèffa qui regroupe certains ténors du sérail politique dont Boni Yayi, encore lui, Nicéphore Soglo, Sébastien Ajavon et Albert Tévoèdjrè, pour ne citer que ceux-là, ne veut pas compter pour du beurre. Aspirant à la conquête du pouvoir, l’Union sociale libérale parrainée par Sébastien Ajavon affûte ses armes. Sur le terrain, toutes ces forces proposent une autre alternative aux populations.
Constituée seulement de 19 députés, l’opposition a réussi par un vote politique le jeudi 5 juillet dernier à imposer la voie du référendum au gouvernement. Si la Constitution béninoise doit être amendée, elle le sera par voie référendaire. Cette perspective déchaîne les passions aussi bien dans le lot des partisans du pouvoir que dans les rangs de l’opposition. La perspective des législatives de 2019 fait monter l’adrénaline de part et d’autre. Chaque camp souhaite administrer une raclée électorale à son vis-à-vis à l’occasion de ce scrutin. Patrice Talon est donc à un tournant. Maintenant plus que jamais, il est appelé à le négocier avec prudence en conciliant tact et réalisme. Il lui faut des résultats dans les meilleurs délais. L’opposition est aux aguets. En politique, les erreurs se paient cash. Vu la détermination de ses détracteurs, ils ne lui feront aucun cadeau en cas de fausse manœuvre. Imperturbables, spectateurs avisés, les populations arbitrent ce match.



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