En vérité : Un ministère pas comme les autres

Moïse DOSSOUMOU 8 octobre 2018

Il a fait d’une pierre deux coups. Le récent séjour de Patrice Talon aux Etats-Unis dans le cadre de la 73ème Assemblée générale de l’Organisation des Nations-Unies n’a pas été de tout repos. En marge des travaux qu’impose cette grand-messe internationale à laquelle sont conviés la quasi-totalité des dirigeants de ce monde, le chef de l’Etat s’est entretenu avec diverses personnalités. En ligne de mire de ces échanges de haut niveau, les discussions avec Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international. Comme à son habitude, Patrice Talon, entouré de sa délégation, a exploré les voies et moyens pouvant favoriser le développement et le rayonnement du Bénin. Critiqué à l’entame de son mandat pour sa supposée aversion pour les rencontres internationales, le président de la République, qui continue néanmoins de se faire discret, étoffe son carnet d’adresses et élargit le cercle des amis du Bénin hors de nos frontières.
Cheville ouvrière de ces succès diplomatiques, le ministère des affaires étrangères et de la coopération poursuit inexorablement sa mission. Le personnel, notamment les diplomates et les ambassadeurs de carrière, s’investit avec professionnalisme aux côtés de Aurélien Agbénonci, qui a la lourde charge de conduire son équipe vers la performance recherchée. En effet, avant tout déplacement du chef de l’Etat, ce sont les travailleurs de ce ministère qui balisent le terrain en dénichant des rendez-vous et des opportunités. Le véritable travail de terrain s’effectue avant que les officiels n’apposent leurs signatures sur les différents documents qui engagent le Bénin dans le concert des nations. C’est grâce au travail de fourmi abattu par cette catégorie socioprofessionnelle que la perception du Bénin à l’international change positivement. Outre la discrétion, l’élégance, le raffinement, pour faire court, le diplomate est ce fonctionnaire qui est habité par le souci de la bonne visibilité de son pays.
Elaborer et mettre en œuvre la politique extérieure du gouvernement dans les domaines de la coopération bilatérale, multilatérale ou décentralisée, de l’intégration régionale et africaine, de la représentation et de la protection des intérêts du Bénin et de ceux des ressortissants béninois à l’étranger, de la diplomatie économique et culturelle, telle est la mission du ministère des affaires étrangères et de la coopération. Depuis le 6 avril 2016, cette mission tourne autour de deux axes : la diplomatie économique et le rayonnement du Bénin à l’étranger. Le réaménagement de la carte diplomatique, la construction ou la rénovation de chancelleries et résidences pour les ambassadeurs, la promotion de la culture béninoise et des compétences locales dans les organisations internationales, l’exemption de visas aux africains désireux de séjourner au Bénin pour une période n’excédant pas 90 jours, la réforme du Hadj… sont autant de réalisations dont peuvent se targuer Aurélien Agbénonci et ses collaborateurs.
Sous le Nouveau départ, la diplomatie économique du Bénin poursuit deux objectifs : la mobilisation des ressources et l’appui à l’investissement notamment par la recherche de partenariats innovants et l’ouverture vers de nouveaux partenaires comme l’Estonie et la Lettonie. La dimension économique de l’action diplomatique a induit la création de trois missions commerciales à Shenzhen (Chine), à Bruxelles (Belgique) et à Riyad (Arabie Saoudite). En deux ans et demi, la diplomatie béninoise a changé de visage. En termes de perspectives, les efforts devront s’intensifier quant au positionnement des compétences béninoises sur la scène internationale. En outre, la diplomatie devrait servir à vendre le Bénin culturel. Cela passe, entre autres, par la valorisation de nos richesses vestimentaires et culinaires comme savent si bien le faire les Nigérians et les Ghanéens. L’homme étant au cœur de toutes les actions et de toutes les réformes, ce n’est pas trop demander, que les mérites des travailleurs de ce ministère de souveraineté, qui font leur part du job avec professionnalisme et dévouement, soient reconnus et célébrés.





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