En vérité : Un réconfort en temps d’épreuve

Moïse DOSSOUMOU 5 mars 2020

C’est une urgence de santé publique de portée internationale. Ainsi en a décidé l’Organisation mondiale de la santé (Oms) face aux ravages du coronavirus à travers le monde. La Chine, d’où est partie l’épidémie, déploie des moyens faramineux pour gérer ce fléau qui le frappe de plein fouet. Les autres pays d’Asie, également touchés par cette infection font feu de tout bois pour limiter la saignée. Malgré tout, de nombreux cas sont détectés presque tous les jours. En Europe, l’Italie et la France qui abritent le plus grand nombre de personnes infectées déploient les stratégies pour contenir ce mal qui se répand à une vitesse vertigineuse. Epargnée jusque-là, l’Afrique a commencé par enregistrer ses premiers cas. Le Nigéria, le Sénégal, l’Egypte, le Maroc et la Tunisie ont fort à faire pour éviter que ce virus se répande en l’air et fasse des victimes en série. Partout, l’alerte est au rouge.
Le Bénin qui se semblait à l’abri, se trouve de plus en plus menacé. A bon droit, le gouvernement a pris ses responsabilités. Les dispositions prises et les messages d’apaisement du ministre de la santé rassurent quelque peu l’opinion. Chaque jour qui passe voit naître de nouvelles mesures de prévention. Le Conseil des ministres est officiellement entré dans la danse hier. Au terme de sa séance hebdomadaire, le gouvernement, tout en consolidant les initiatives précédentes prises dans le sens de la sensibilisation et de la protection du plus grand nombre, a apporté sa touche à l’affaire. Dans les prochains jours, il sera organisé des campagnes d’information et de sensibilisation dans les communes ainsi que dans les établissements scolaires et universitaires. De cette manière, l’information descendra du sommet vers la base et les couches laborieuses et estudiantines sauront apprécier l’étendue de la menace. Toujours selon le gouvernement, il sera aménagé des sites d’isolement et de prise en charge dans tous les départements.
Dans la même veine, les dirigeants recommandent avec insistance aux populations d’éviter les poignées de mains et accolades. Cette forme de salutation largement répandue au sein de la couche juvénile et même des adultes devra être mise entre parenthèse, le temps que cesse l’orage. Les Béninois devront s’y faire. Ce changement d’habitude s’impose pour le salut de tous. Ailleurs, des restrictions sont allées jusqu’à l’interdiction de cultes et d’événements socio-sportifs de grande envergure. Pour couronner le tout, le Conseil des ministres a fait un clin d’œil en direction des compatriotes résidant en Chine. Les étudiants béninois qui se trouvent dans ce pays durement frappé par l’épidémie bénéficient d’un soutien de l’Etat béninois. Des 420 étudiants d’origine béninoise, 34 habitant la ville de Wuhan, épicentre de l’épidémie, avaient déjà obtenu un appui financier des pouvoirs publics. Hier, le gouvernement a jugé utile d’aller plus loin.
« La situation ne s’étant pas encore normalisée et tenant compte de l’extension des mesures d’isolement à tous les campus universitaires du pays, le Conseil a décidé d’étendre cette assistance de l’Etat à toute la communauté estudiantine béninoise en Chine. A cet effet, il sera octroyé une assistance financière à tous les étudiants béninois recensés sur le territoire chinois. Les montants alloués permettront notamment de couvrir leurs besoins urgents d’achat de kits de protection et de faire face au renchérissement du coût de la vie en raison de l’épidémie ». Voilà qui tombe bien, même si cette mesure aurait pu être prise beaucoup plus tôt. Puisqu’il n’est jamais trop tard pour bien faire, il faut espérer que nos compatriotes reçoivent effectivement ces ressources et qu’ils soient surtout en mesure de s’en servir pour obtenir, ne serait-ce qu’un soulagement.





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