En vérité : Un rêve éveillé

Moïse DOSSOUMOU 8 juillet 2019

Ils ont tout donné. Leur abnégation a payé. Engagés dans la course pour défendre les couleurs nationales en Egypte, les Ecureuils ont revu, au fil des matchs, leurs ambitions à la hausse. Eux qui étaient considérés jusque-là comme de simples participants s’affirment un peu plus comme de véritables aspirants au titre de champions d’Afrique. Les petits poucets de cette Coupe d’Afrique des nations, édition 2019 ont fait douter les grands du continent. Après avoir tenu en échec le Ghana et le Cameroun, ils ont, non sans peine, stoppé l’élan des Lions de l’Atlas. Le onze national marocain pensait certainement faire des ambassadeurs béninois, une bouchée. Au bout du compte, ce sont les poulains de Hervé Renard qui ont courbé l’échine. Sonnés, incrédules, ils n’ont pas compris comment une équipe qui n’a obtenu aucune victoire à la Can en 13 matchs a réussi à les sortir de la compétition.
Contrairement aux pronostics, c’est le Bénin et non le Maroc qui se retrouve en quarts de finale. Coup de tonnerre ! Surprise générale ! Une première dans l’histoire du football de ce pays. Cette Can est décidément celle des surprises. Et les Ecureuils comptent bien ne pas se faire compter cet événement. Que d’émotions ressenties vendredi dernier. Joie, frayeur, exaspération, colère, frustration puis enfin libération, apothéose et fierté. Le public sportif béninois est passé par toutes les étapes. Il y a de quoi bomber le torse à présent sur le continent. Désormais, nos adversaires nous prendront très au sérieux. Les Ecureuils qui ne comptaient que pour du beurre, parce que habitués aux défaites et aux éliminations dès le premier tour font maintenant la peau aux grands du football africain. L’écho de cette victoire est si prononcé qu’il a retenti au-delà des frontières nationales. Le Bénin n’en est que plus fier.
Avec le management en cours au sein de l’équipe, les joueurs ont pris leur rôle très au sérieux. Certes, nous sommes encore loin d’une équipe qui fait véritablement sensation, mais les efforts consentis aussi bien par le gouvernement que par la fédération béninoise de football commencent par porter leurs fruits. La ferveur générale observée à chaque match du onze national est une preuve supplémentaire de ce que les Béninois aiment le sport et qu’il est temps de s’occuper de ce secteur qui végète dans l’amateurisme depuis des lustres. Avec l’exploit réalisé par le onze national en Egypte, le Bénin s’est admirablement révélé au monde entier. Il fallait le faire. Tout aurait pu capoter ce vendredi, mais les joueurs ont tenu bon. Après le but de Moïse Adilehou et l’égalisation marocaine suite à la bourde de Jordan Adéoti, Stéphane Sessègnon, le métronome, a eu la mauvaise idée de s’en prendre à l’adversaire dans les ultimes instants du temps additionnel.
Mais heureusement pour lui, ce penalty n’a pu être transformé. S’ensuivent alors les prolongations qui ont débouché sur les tirs au but. Une épreuve fatidique et cruelle qui a réussi aux Ecureuils. Même le sifflet « conditionné » de l’arbitre n’a eu raison d’eux. Ils ont tenu jusqu’au bout. A 10 contre 11, ils n’ont pas courbé l’échine. Face au Sénégal mercredi, encore un autre Lion, l’absence de Khaled Adénon, une pièce maîtresse dans la défense, qui a écopé d’un carton rouge, sera durement ressentie. Mais ce sont les aléas du jeu. Il faudra faire avec. A cette étape de la compétition, tout devient possible. Et cela se passe, non pas sur papier, mais sur le rectangle vert. Le Bénin en quart de finale d’une Can. Qui l’eût cru ? Mention spéciale à Saturnin Allagbé qui a rendu, en grande partie, ce rêve possible. En un laps de temps, il a su corriger ses lacunes. Bravo !





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