En vérité : Une longueur d’avance !

Angelo DOSSOUMOU 28 mars 2018

Le contraste est frappant. Ces dernières semaines, il est même très remarquable. Réveil en cascade des partis d’opposition, somnolence à la mouvance présidentielle. Sur l’échiquier politique national, à l’ère de la Rupture, à vitesse inégale, roulent les partis antagonistes. Aux dernières nouvelles, l’opposition a le vent en poupe. Pendant qu’elle s’organise et affûte ses armes dans l’optique des prochaines joutes électorales, les ‘‘Rupturiens’’ baissent les bras ou ne se contentent que de jouer les caïds.
Sinon, et il n’y a pas à se leurrer, dans l’occupation du terrain politique, les détracteurs du régime ont une longueur d’avance. Et quand l’attentisme fait allégeance à la mobilisation et au pragmatisme, les Fcbe, Restaurer l’espoir et l’Usl déploient, du nord au sud et sans grande résistance, leur arsenal. Avec la perspective de l’axe Yayi-Ajavon-Azannaï, qui ira en se renforçant, ça craint fort pour la mouvance présidentielle.
Du moins, pour le moment, elle donne l’impression d’être tétanisée. Ou, pour être plus sérieux, elle est loin d’être l’idéal répondant à la machine quasi prête à secouer la Rupture et ses adeptes. Peut-être qu’elle cache bien son jeu. Mais, je crains que non. Jusqu’ici, dans une dynamique unitaire et offensive, la mouvance présidentielle se cherche toujours. Tellement sur la défensive, à ce rythme, elle ne serait jamais capable de tenir la dragée haute, même pas à une mouche.
Et si ça continue ainsi, il va sans dire que pour l’opposition en 2019, le boulevard du Palais des gouverneurs sera grandement ouvert. Sauf si enfin, les Rupturiens se réveillent de leur long sommeil, s’organisent et se jettent, corps et âme, dans la bataille politique pour combler le retard accusé sur le terrain. Ce n’est qu’à ce prix que véritablement, il serait loisible d’évaluer les forces en présence.
D’ailleurs, à un an des élections législatives, le plus tôt serait le mieux. Déjà, sur un contexte socio-économique reluisant et des acquis majeurs, ils ne pourront pas surfer. Et dire à un électeur, à la quête d’un mieux-être, que la gouvernance actuelle est celle de l’avenir, c’est comme prêcher dans le désert.
Alors, que ceux qui veulent, contre vents et marées, soutenir la Rupture prennent leur croix et suivent le chantre du Nouveau départ. Pour la guerre des idées et la force des actions, qu’ils sortent, au plus vite, la grande artillerie et rivalisent d’ardeur avec le camp d’en face. Autrement, leur lutte frappée des syndromes de l’attentisme, du nombrilisme et de la dispersion des énergies serait vaine.
A contrario, sur sa chevauchée, l’opposition s’en ira en vitesse faire mordre la poussière à une mouvance toujours en perte de repères. Pourtant, et en dépit de tout, si elle le veut, elle peut se donner les moyens de combattre à armes égales. Mais, pour l’instant, elle n’y est pas du tout. Et pendant que le temps s’égrène, la longueur d’avance de l’opposition ne fait que s’accentuer. En définitive, dans la dynamique d’un combat de gladiateurs, reste à la mouvance de nous démontrer de quoi elle est capable !



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