En vérité : Une théorie mal inspirée

Moïse DOSSOUMOU 27 août 2020

Un canular. Ce mot replonge l’opinion dans des souvenirs. Au Bénin, il a revêtu une consonance particulière depuis 2012. Alors accusé de tentative d’empoisonnement sur la personne de Boni Yayi, chef d’Etat en fonction à l’époque, Patrice Talon, l’allié, devenu l’homme à abattre par la force des choses, a résumé l’affaire par ce vocable. La suite, nous la connaissons. Huit ans plus tard, ce terme convient parfaitement à la polémique du moment qui enfle sur la toile. Relative à la présidentielle de 2021, elle évoque la théorie de candidature d’un homme de l’ombre qui serait prêt à passer à la lumière. Tout comme Patrice Talon resté longtemps dans les coulisses avant de s’afficher, Olivier Boko, son partenaire en affaires, complice et ami, veut écrire pour son propre compte la même histoire. En tout cas, telle est la volonté d’un club de partisans de la rupture qui ont trouvé en cet opérateur économique dont la silhouette est inséparable de celle de Patrice Talon, le candidat idéal.
Pendant que la quasi-totalité des mouvements politiques se réclamant de la majorité présidentielle ne jurent que par la candidature de Patrice Talon, un groupuscule s’est démarqué du lot en jetant son dévolu sur Olivier Boko. Visuel et arguments à l’appui, ils veulent faire feu de tout bois pour que leur idole accède à leur requête. A raison, ce débat passionné suscite un grand intérêt, d’autant plus que pour l’heure, l’opposition qui réclame un scrutin ouvert n’est pas encore assurée d’avoir gain de cause. Les tenants de la thèse espèrent que se tiendra un combat de gladiateurs entre Patrice Talon et son bras droit. Pour eux, ce cas de figure serait l’expression d’une présidentielle inclusive. Mais c’est sans compter avec les liens étroits qui unissent les deux hommes ayant traversé ensemble plusieurs épreuves sans que cela affecte leur solide amitié. Ils ne sauraient donc s’opposer encore moins être acteurs d’un match amical bas de gamme.
Pour la présidentielle de 2016, l’opinion a pu constater la pugnacité avec laquelle ce duo a combattu. Olivier Boko, en éclaireur a ouvert la voie à Patrice Talon. A l’avènement de ce dernier au pouvoir, son alter ego n’a pas voulu occuper une fonction officielle. Opérateur économique bon teint, il est resté dans cette posture même si, et cela va de soi, il ne manque pas de prêter main forte à Patrice Talon avec qui il a nourri et concrétisé le rêve de la présidentielle. Ses apparitions fugaces dans certaines missions officielles aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du pays prouvent à suffisance que les deux amis n’ont jamais cessé d’entretenir d’étroites relations. Quand on est dans d’aussi bonnes dispositions, on ne se met pas dans une posture de concurrent du jour au lendemain.
Certes, en politique et au Bénin, des surprises les plus déroutantes apparaissent selon les enjeux. Les acteurs ont longtemps habitué l’opinion à des volte-face spectaculaires. Mais le scénario qui fait couler beaucoup d’encre et de salive actuellement a tout l’air d’être mal monté. Les tenants de ce complot ont manqué de tact et de sagacité. Les réactifs désuets utilisés en laboratoire ne peuvent donner que des résultats aussi tirés par les cheveux. Une éventuelle opposition entre ces deux hommes qui ont grand intérêt à rester unis malgré tout ne saurait se traduire sur le terrain de la présidentielle. C’est peine perdue pour ceux qui diffusent de fausses informations. S’ils ne sont pas parvenus à les séparer pendant 4 ans et demi, ce n’est pas maintenant que leurs combines vont prospérer. A tout point de vue, que Olivier Boko décide d’affronter Patrice Talon sur le terrain de la présidentielle relève purement et simplement d’un canular.





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