En vérité : Zoom sur le budget 2019

Moïse DOSSOUMOU 13 novembre 2018

Le voile est levé. Les chiffres sont officiels. Les Béninois en savent un peu plus à présent sur le budget de l’Etat qui sera exécuté au cours de l’année 2019. Mille milliards huit cent soixante dix sept millions cinq cent quarante trois mille (1 877 543) fcfa, tel est le montant prévu par les services du gouvernement qui s’équilibre en recettes et en dépenses. En prélude à l’examen et au vote de la loi de finances, exercice 2019, et conformément au règlement intérieur de l’Assemblée nationale, la commission des finances a prêté une oreille attentive à l’argentier national. Hier lundi 12 novembre 2018, Romuald Wadagni a eu tout le loisir d’exposer le contenu de ce document à ses interlocuteurs privilégiés. Après les audiences publiques qui ont vu défiler les représentants du secteur privé et les organisations de la société civile, en attendant le bal des ministres et présidents d’institutions, place maintenant aux grandes orientations du budget.
De l’exposé du ministre découlent plusieurs informations aussi importantes les unes que les autres. Tenez ! Conçu dans un contexte marqué par la consolidation de la croissance économique, le projet de loi de finances, exercice 2019 prévoit un taux de 7,6% contre 6,8% attendu en 2018, 5,8% en 2017 et 4% en 2016. A fin septembre 2018, sur une prévision de 1402 milliards, 1482 ont été déjà réalisés, ce qui correspond à un taux de 105,7%. A en croire le ministre, le maintien de la dynamique d’accélération de la consommation des crédits facilitée par l’application du nouveau code des marchés publics ; les effets positifs cumulés de la systématisation de la production des Plans de travail annuel (Pta) à bonne date et la tenue des revues de monitoring ; l’accroissement des dépenses d’investissements publics et enfin l’optimisation du fonctionnement général de l’État ont favorisé ce résultat.
En 2019, les recettes du budget général s’élèvent à 1137, 60 milliards de Fcfa contre 1063,61 milliards de Fcfa en 2018, soit un écart de 73,99 milliards de Fcfa, ce qui équivaut à un taux de 6,96%. Pour ce qui est des dépenses, elles se chiffrent à 824,489 milliards de Fcfa contre 800,035 milliards de Fcfa en 2018 soit un écart de 24,454 milliards de Fcfa avec un taux de 3,06%. Quant aux mesures fiscales, elles sont de plusieurs ordres. La plus expressive est celle qui a trait à l’allègement de la taxation des micros et petites entreprises. Cette taxe minimale passe de 400 000 à 150 000 Fcfa. On y retrouve également des mesures de promotion du sport et du tourisme, la reconduction de l’exonération des droits et taxes de douane et de la Tva sur les véhicules à quatre roues importés, fabriqués ou vendus à l’état neuf au Bénin et destinés à la mise en place de flotte de taxi, l’harmonisation à 1% du prix d’acquisition des biens immobiliers, des frais d’affirmation de conventions de vente perçus au niveau des communes du Bénin…
La loi de finances est l’acte par lequel sont autorisées les recettes et les dépenses de l’Etat. La session budgétaire en cours se penchera essentiellement sur ce texte de loi. Compte tenu de son importance, une procédure particulière est mise en branle jusqu’au vote en plénière. Sans doute, les langues commenceront par se délier, du côté de l’opposition pour dénoncer certaines prétentions du gouvernement. A cet effet, les Osc ne se sont pas fait prier pour formuler leurs appréciations sur le document présenté à l’Assemblée nationale. Malheureusement, tout ceci ne va pas plus loin que les prises de position des uns et des autres. Ailleurs, lorsque le budget de l’Etat se trouve au parlement, il donne droit à un débat national qui reprend de plus bel à l’occasion du vote de la loi de règlement. Par ici, nous n’en sommes pas encore là.
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