L'oeil du consultant

La rédaction 28 juin 2019

Le match Algérie - Sénégal a valu par son intensité, quelques rares actions d’éclats individuelles ou collectives, son suspense, mais surtout, par l’arbitrage des plus suspects du sieur Janny Sikazwe, la vraie attraction du match. Il serait fastidieux d’énumérer toutes ses fautes qui étaient loin d’être des erreurs innocentes. Les Algériens, maîtres du jeu dans l’ensemble, ont nettement tiré profit de son laxisme en leur faveur. Déjà, de par leur nature, ils n’avaient pas besoin de ce coup de pouce pour faire étalage de leurs expédiants faits d’engagements physiques excessifs, de contestations et de vices en tous genres pour pourrir un match. Il reste à attendre la réaction des instances y afférentes pour présumer de la suite. A savoir si l’arbitraire prévaudra sur l’arbitrage, à l’exemple du sieur Janny Sikazwe.

Le Sénégal sans avant - centre de métier
Nonobstant tout ce qui précède, les Sénégalais ne doivent s’en prendre qu’à eux-mêmes. En particulier le coach Aliou Cissé qui a mis en place une équipe sans avant - centre de métier. Le trident d’attaque Mané-Niang-Baldé est uniquement fait de joueurs excentrés de formation. Même s’ils sont dotés de fortes capacités de pénétrations ponctuées de buts. Mais ils n’auront jamais les qualités et la constance d’un avant - centre de métier au rôle souvent ingrat mais tellement indispensable. La fixation des défenseurs axiaux , les appels dans la profondeur , les courses croisées et décroisées faites d’appels et contre - appels , le jeu ingrat et invisible sans ballon , les frappes instantanées dans un trou de souris et le sang-froid du serpent , au moment de conclure , ne s’improviseront jamais . La finalité d’un match de football, pour ne parler que de lui, est de marquer un but de plus que l’adversaire. Cristiano Ronaldo et Lionel Messi se partagent le ballon d’or parce que, surtout, ils marquent plus de buts que tous les autres. Même si leurs qualités intrinsèques sont à l’opposé.
L’Afrique semble copier l’occident en conservation de balle, dans sa stérilité. Mais il lui manque la rigueur dans la maîtrise de ses 30 mètres et ceux adverses. Les zones où se décide l’issue d’un match. Comment défendre collectivement et intelligemment pour ne pas encaisser de but. Comment attaquer, collectivement et intelligemment, pour marquer. Ce ne doit jamais être du " copier-coller "Ça demande de l’intelligence individuelle au profit de la tactique collective. Surtout de l’intelligence tout court. Et c’est individuel d’abord. L’affirmation du soi en observant les autres. L’affirmation du soi au profit de tous.

Béchir MAHAMAT





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