Semaine décisive à la Cena : C’est la dernière ligne droite.

Moïse DOSSOUMOU 9 mars 2020

Plus que 72h et la messe sera dite. Du côté de la Commission électorale nationale autonome (Cena), les prochaines heures seront laborieuses. Le stress et la pression vont atteindre leur pic. Les agents électoraux recrutés pour réceptionner et étudier les milliers de dossiers de candidature à l’actif de chaque formation politique auront fort à faire. Incessamment submergés de dossiers, ils devront faire appel à toute leur lucidité pour les traiter sans couac en un temps record. Attendus depuis une semaine, soit le lundi 2 mars dernier, les partis politiques préfèrent attendre le dernier moment, comme d’habitude. Ils se bousculeront comme ils savent si bien le faire dans la cour de la Cena le mercredi prochain, 11 mars, dernier jour de dépôt des candidatures. La réforme du système partisan qui bat son plein et qui oblige le personnel politique à de nouveaux comportements n’a pas réussi à changer certaines habitudes.
D’emblée, « Restaurer l’espoir » a jeté l’éponge. Sans se faire prier, Candide Azannaï et les siens ont refusé l’offre des municipales et communales du 17 mai prochain. Très actifs sur le terrain il y a cinq ans dans le cadre des mêmes élections, les membres de ce parti ont fait cette fois le choix de la passivité. Et ce n’est pas pour déplaire à leurs concurrents qui vont emprunter un boulevard ouvert. Jusque-là, aucun autre parti ne s’est encore officiellement désisté de la course aux élections de proximité. Certes, la douzaine de formations politiques ayant obtenu la reconnaissance officielle du ministère de l’Intérieur ne sera pas de la partie. C’est une évidence que d’autres emboîteront le pas à « Restaurer l’espoir ». Réunir 3630 candidats avec des pièces complètes et à jour pour chacun d’eux n’est pas une mince affaire. Cet exploit fait appel en amont à une logistique non négligeable qui n’est pas à la portée de tous.
Déjà, l’Union progressiste et le Bloc républicain, les deux partis les plus proches du chef de l’Etat et qui se partagent les sièges de l’Assemblée nationale, se préparent activement pour ces élections. Pour rien au monde, ils ne rateront cette occasion. L’un voulant en découdre avec l’autre, c’est l’occasion rêvée pour ces deux challengers de se mesurer une seconde fois. Dans le même temps, le Parti du renouveau démocratique (Prd) et le Mouvement des élites engagées pour l’émancipation du Bénin (Moele-Bénin) seront également de la partie. A plusieurs reprises, ils ont fait montre d’un intérêt croissant pour ce scrutin d’autant plus qu’ils n’ont pu participer aux législatives d’avril 2019. L’échéance du 17 mai est donc un test important pour ces deux familles politiques qui vont compétir dans les urnes pour la première fois au lendemain de la réforme du système partisan. Les résultats à leur actif témoigneront de leur réel poids politique.
L’Union démocratique pour un Bénin nouveau (Udbn), le seul parti dirigé par une femme, fera probablement parler d’elle en se présentant à ce scrutin. Sauf revirement de dernière heure, Claudine Prudencio et ses militants seront sur la ligne de départ. Le parti Forces cauris pour un Bénin émergent (Fcbe) qui vient de sortir d’une zone de turbulences se prépare manifestement pour répondre présent à ce rendez-vous électoral. Paul Hounkpè, Nouréini Atchadé et compagnies réussiront-ils cet exploit ? Mercredi, on sera fixé. La Dynamique unitaire pour la démocratie et le développement (Dud) dirigée par Valentin Aditi Houdé a-t-elle les ressources pour présenter des candidats ? Réponse, le 11 mars. Ce qui est certain, Emmanuel Tiando et ses collaborateurs ont joué leur partition en lançant les hostilités. La balle est dans le camp du personnel politique.





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