Transversale : Négriers des sports ???

Ambroise ZINSOU 14 août 2019

Le fait devient de plus en plus récurrent et défie parfois la morale. Même si la Constitution du 11 décembre 1990 du Bénin dispose en son article 8 que « … La personne humaine est sacrée et inviolable… », les athlètes béninois toutes catégories confondues sont souvent confrontés à une maltraitance. Certains dirigeants et autres responsables fédéraux se plaisent bien à créer la misère à des sportifs pour lesquels on devrait garantir un plein épanouissement. Pratiquer la discipline sportive de son choix relève d’abord de la volonté de l’athlète. Et cela en aucun cas ne doit donner lieu à un sacerdoce encore moins à un esclavage. Mais la galère qui s’y vit, sort parfois de l’entendement au point où, des parents résignés s’en offusquent. En plein 21è siècle, le sport béninois continue de balbutier et subit les affres de certains « prédateurs ». L’époque où les athlètes sont maltraités, malmenés et traités comme des « délinquants de rues » n’est pas encore révolue. Des sportifs mal habillés, des sportifs mal nourris, des sportifs abandonnés à passer la nuit à la belle étoile, des sportifs sortis des chambres d’hôtels. Bref, des sportifs à l’égard desquels aucune règle de la sacralité de la personne humaine n’est respectée. Pourtant, c’est leur existence qui fonde celle des dirigeants. Et c’est d’autant plus grave qu’il va falloir s’en inquiéter. Loin des charivaris, des athlètes souffrent le martyr sans toutefois hausser le ton. Les quelques rares qui s’affranchissent du dictat du « Seigneur » qu’est le responsable de club ou le président de fédération doit subir la fatwa. C’est une habitude de voir des responsables sportifs se défouler sur leurs athlètes. Les exemples sont à foison et les cas sont légion. Au 229, il est loisible à un président de Fédération de traiter son athlète comme un moins que rien. Tenez, un président est allé même dire à un coureur sur une compétition de venir chercher son pneu de voiture pour courir avec. Un autre n’a pas hésité à abandonner dans un aéroport à Séoul en Corée du Sud un jeune athlète de 20 ans en rentrant sans aucune crainte au pays. D’autres joueurs affamés et sans salaires doivent aussi essuyer les injures des présidents de clubs qui se réclament « Dokounon », les plus riches en langue Fongbé. Ces sportifs vont boire le calice jusqu’à la lie en percevant en retour des miettes comme primes. La situation est si alarmante et doit faire appel à une prise de conscience générale avec les normes d’éthique. Un athlète ne mendie pas la pitance. Donc, en aucun cas il ne doit être considéré comme un « nécessiteux » au point de s’avilir. C’est de l’insulte à la personne humaine qui est sacrée. L’Etat qui met des subventions à la disposition des Fédérations sportives a, au-delà de son rôle régalien, une responsabilité morale envers ces dirigeants qui deviennent de véritables bourreaux pour leurs athlètes. Le sport devrait servir de tremplin pour faire passer des messages positifs. Donc, ne doit pas laisser place à des glouglouteurs qui vivent dans la bombance avec leur famille au détriment de ceux qu’ils « exploitent ». Le sport n’est pas de l’esclavage.





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