Tribune verte : Contingence pour de vrai !

Fulbert ADJIMEHOSSOU 20 février 2020

Face au caractère imprévisible des catastrophes naturelles, l’heure n’est plus aux discours. C’est la capacité des communes à se forger une résilience qui est en cause, de même que celle à pouvoir faire face à la douche froide souvent infligée par un ciel déréglé par les changements climatiques. Et là-dessus, les plans de contingence sont capitaux. Il faut tirer leçon de la dernière saison des pluies qui a, au-delà de tout, monté combien les écoles sont aussi vulnérables dans les communes à risques.
A Bohicon, le processus d’actualisation du Plan de Contingence National est en cours. C’est un document de planification et de gestion des situations d’urgence potentielles. L’identité et les contacts des personnes qu’il faut actionner pour mettre en branle le dispositif de secours et de protection des victimes éventuelles y sont répertoriés et actualisés. L’enjeu est de définir à l’avance des mécanismes de gestion et de coordination tant au niveau national que local ; surtout de gérer l’information et de développer un plan de réponse immédiate. Les aléas couverts sont entre autres les inondations, sécheresses, les épidémies, la pollution marine, l’érosion côtière, les vents forts, les risques Nucléaire, Radioactif, Biologique et Chimique.
La mise à jour du Plan de Contingence est annuelle. Et compte tenu de l’intensité des aléas auxquels le Bénin est souvent confronté depuis quelques années, il y a de quoi mettre les acteurs devant leurs responsabilités. Il faut qu’on se pose la question de savoir surtout à quoi servent les plans de contingence communaux s’ils ne sont pas suivis de ressources prévues et disponibles à cet effet. Le rôle et la responsabilité des collectivités locales ont besoin d’être reprisés. La plus grande équation avec les plans de contingence communaux reste la mobilisation de moyens, d’où les alertes sans cesse des communes lors des crues. Il devrait y avoir des cagnottes pour ça, prévues par les mairies elles-mêmes avant que l’appui de l’Etat central ne s’y rajoute.
L’efficacité d’un Plan national dépend aussi bien de l’organisation au sommet sous l’égide de l’Etat, mais encore plus de la capacité de réponses des acteurs à la base. A la veille d’une prochaine saison des pluies, on ne rappellera jamais assez la priorité du temps : accroître la résilience, surtout des communautés vulnérables. Autant il faut travailler à réduire les risques, mieux il faut œuvrer à accueillir les catastrophes et à leurs apporter des réponses de taille. Des menaces comme le Coronavirus ne sont jamais loin.





Dans la même rubrique