Tribune verte : Discipliner le littoral

Fulbert ADJIMEHOSSOU 16 juillet 2020

A la plage, ne rêvons pas assez sans nous préoccuper du tempérament des vagues. Autant l’océan est doux et apaisant, autant il est surprenant et embêtant. Alors, la loi n°2018-10 du 02 Juillet 2018 portant protection, aménagement et mise en voleur de la zone littorale en République du Bénin promulguée il y a deux ans, devrait nous servir vraiment de repère. C’est un anniversaire passé inaperçu. Les inquiétudes que suscite l’absence singulière de « répressions » des sachets plastiques ont tôt fait de détourner l’attention qu’on devrait accorder, dans la société civile à l’application de cette loi. C’est tout comme si, là, sur la côte, il n’y a pas urgence.
Sur son blog, James Close de la Banque mondiale écrivait en 2017, après son passage au Bénin, que « sans investissements dans la résilience climatique », le Bénin pourrait « perdre la quasi-totalité de sa côte en raison d’une érosion rapide et de l’élévation du niveau de la mer ». Mais les communautés côtières qui vivent au quotidien sont encore mieux placées pour conter dans leurs langues les bouleversements qu’elles vivent au quotidien.
Les lignes de côtes bougent. Les menaces de dégradation du milieu marin, de construction anarchique, de bétonisation, de mutilation des écosystèmes sont là. Il faut donc savoir et pouvoir planifier les interventions pour ne pas les fragiliser davantage et nous rendre plus vulnérables. Ce sera comme si on se tirait une balle dans les pieds. Quand le danger sera là, il sera impossible de fuir.

Il fut un temps, le décret n° 85-173 du 10 mai l985 portant définition des responsabilités en matière de gestion du littoral a existé. Signé du Président Mathieu Kérékou et des ministres Giriguissou Gado et Hospice Antonio, il n’a pu grand-chose pour nous éviter la situation actuelle. Aujourd’hui, c’est le tour de la loi 2018-10. Le défi, c’est donc de l’appliquer, surtout qu’ici, contrairement aux sachets plastiques, très peu d’activistes s’y intéressent. Sinon, exposée à la brume côtière, et aux appétits incontrôlés, elle finira dans la mer, comme l’espace qu’elle est censée protéger.





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