Artisanat : A la découverte de la tenture et du tissage

La rédaction 29 septembre 2020

Au Centre de Promotion de l’Artisanat basé à Cotonou, bon nombre d’artisans montrent leur habileté et leur créativité à travers leurs diverses œuvres. Une virée dans ce centre nous a permis de rencontrer et de découvrir un tenturier et un tisserand.

Aubin Yemadjè, un tenturier rencontré au CPA nous accueille. Il tient dans sa main gauche un chapeau qu’il coud avec un fil et une aiguille. Le chapeau est de couleur bleue comme d’autres tentures exposées devant son atelier. « La tenture, c’est la réalisation des toiles appliquées d’Abomey. Le tenturier conçoit les accoutrements des rois surtout pour les grandes cérémonies. Dans la prononciation, beaucoup de personnes font la confusion entre la tenture et la teinture. Pour faire les tentures, plusieurs outils sont utilisés. Il s’agit entre autres des fils, des aiguilles, des tissus popelines et des tissus américains encore appelés tissus pantalon, que nous nous procurons dans les merceries de la ville ou au marché Dantokpa », confie-t-il. Selon ses propos, le métier de tenturier se fait à la main pour que la précision soit respectée dans la confection des tentures. « Si nous devons utiliser une machine, celle-ci permettra à mettre des bordures pour la finition. Cela fait du métier un travail délicat », ajoute Aubin.

Plus loin, Julius Agbadjakpo est assis devant une machine à tisser. Sur celle-ci, on peut clairement voir le produit fini fait de fils de couleurs rose et noire et un peu plus loin, des fils tendus grâce à une pierre : « Nous appelons ceci le ‘’Assan’’ dans lequel nous faisons d’abord passer le fil avant de le mettre dans un autre outil appelé ‘’Lokpa’’. Il y a également un outil dans lequel est posé le fil enroulé sur la bobine », indique-t-il.

Une activité génératrice de revenus !
Aubin le tenturier confie que la tenture nourrit son homme. « On ne peut pas dire que le métier ne nous nourrit pas. Ces temps-ci, il y a assez de mévente à cause de la pandémie mais ça va. », déclare-t-il. Et à Julius le tisserand d’ajouter : « Avant, je trouvais assez de clients et du revenu suffisant, mais aujourd’hui, on est souvent appelé à exercer le métier de conducteur de taxi-moto ou de vendeur d’essence. Cela nous sert de complément pour gagner de l’argent et subvenir à nos besoins ».
Ornella GBEGNON (Stag.)





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