Coiffure : Les tresses aux fils en voie de disparition

La rédaction 18 septembre 2020

Au Bénin, certaines tresses disparaissent progressivement ou se laissent talonner par la mode. Des tresses faites à base de cheveux qui laissaient découvrir la beauté naturelle s’éclipsent des salons de Coiffure de Cotonou et des têtes des dames de la capitale économique.

Ce ne sont que des ficelles. Mais, une fois nouées autour des cheveux de dame Gwladys Tchétémè, la quarantenaire se sent plus belle. Depuis son jeune âge, cette aide-soignante de profession a toujours eu une préférence pour les tresses aux fils de style traditionnel, malgré l’avènement des mèches. « Je continue de me tresser de la sorte parce que ces coiffures favorisent la pousse des cheveux. C’est aussi très économique », affirme-t-elle. C’est pour cette raison que Gwladys Tchétémè recommande à la jeune génération de ne pas se surcharger la tête et d’apprendre à être naturelle. Quelles que soient les tendances du moment, ces coiffures n’ont jamais perdu à ses yeux leur valeur. C’est d’ailleurs, insiste-t-elle, un moyen de séduction. « Nous en notre temps, les hommes nous appréciaient comme nous étions ».
En réalité, à Cotonou et environs, ce sont les nouvelles tendances de coiffures qui font fureur. Entre les mèches et les tresses extravagantes, les jeunes filles ont de quoi faire perdre la tête. « Je préfère les mèches. Après tout on ne peut plus revenir en arrière. Ce serait quitter une résidence pour un habitat précaire en bambou », confie Géraud, un jeune. Pourtant, autrefois, il suffisait d’un rouleau de fils pour se faire belle. Mais, les choses ont changé à présent. « Je reçois à peine une cliente en une journée pour ce genre de modèles », affirme Alida, propriétaire d’un salon de coiffure.
Ainsi, les coiffures traditionnelles africaines (doko, Akouété, atin, aféfé…) n’ont plus de place dans les salons de coiffure. De même, en raison du faible taux de la demande, l’art des tresses aux fils a disparu. Mais plutôt que de parler de disparition, certains préfèrent voir les choses d’une toute autre façon. Pour la coiffeuse Geronime Fadekon, rencontrée à Fidjrossè « les tresses traditionnelles sont plutôt modernisées. Le monde évolue, puisque les mamans se tressaient à base de corde. Aujourd’hui les tresses akuété sont toujours d’actualité, mais nous les adaptons aux mèches ». Beaucoup appellent à cette forme de révolution pour éviter que les coiffures occidentales ne prennent le pas sur les tresses aux fils.
Kyrielle ALAPINI (Stag)





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