Difficultés économiques des artistes et artisans à Porto-Novo : L’immunité collective, la solution pour sortir de la crise covid-19

22 février 2022

Il n’est plus à démontrer que la pandémie liée au coronavirus depuis son avènement en 2019, ébranle l’économie des secteurs vitaux mais surtout libéraux, au Bénin. À Porto-Novo, ville capitale bien connue pour son attrait et engouement aux manifestations festives, artistes et artisans souffrent le martyre en raison du ralenti voire de l’arrêt depuis plus d’un an des manifestations culturelles et prestations. L’immunité collective demeure le seul palliatif à la reprise de leurs activités.

Apprendre à vivre avec le mal ! Telle a été l’option du Chef de l’Etat, en refusant en son temps de confiner ses concitoyens, au moment fort de la pandémie liée au Coronavirus. Seulement, tout n’est plus comme avant. Puisque, des mesures restrictives ont été instaurées depuis plus d’un an, pour lutter contre la propagation de ce mal qui a déjà fait des millions de morts dans le monde, dont 163 à la date du 31 janvier 2022, au Bénin. Des mesures au nombre desquelles, l’on dénombre la mise en berne des manifestations culturelles.

Les restrictions, le cauchemar pour les artistes à Porto-Novo…
A Porto-Novo, ville aux trois noms, les artistes ne sont pas épargnés des affres de cette décision qui, quoi qu’on dise, reste en vigueur. En effet, depuis l’instauration de ces mesures barrières et par ricochet la restriction des manifestions culturelles, la vie devient difficile pour ces artistes. Autrement, depuis plus d’une année que ces mesures ne sont toujours pas levées de façon claire, c’est du ‘’sauve qui peut’’, dans leur rang. De l’ennui au départ, la galère s’est installée surtout au niveau de ceux qui n’ont que ça comme principale source de revenus. Bernardin Nougbozounkou alias Babadaxo, devenu une marque déposée du rythme traditionnelle ‘’èyo’’ au Bénin, ne cache d’ailleurs pas sa stupéfaction. « Sur dix personnes, je peux dire sans risque de me tromper que sept au moins sont impactées négativement par cette pandémie. Principalement nous qui sommes des artistes, notre sort est plus lamentable. Puisque notre bonheur dépend des regroupements de masse. Si cette maladie n’admet plus des rassemblements de masse, cela voudra dire que notre travail n’existe plus. En ce qui me concerne, en une semaine, j’avais l’habitude de me retrouver au moins trois fois, au sein d’une foule pour chanter. Depuis que ça a commencé, je n’arrive même plus à rester au sein d’une foule pendant dix minutes. En bref, cette maladie avec son lot de mesures restrictives m’affecte tant sur le plan financier que psychologique », a confié le natif d’Akpro-Missérété. En abondant dans le même sens que son prédécesseur, Kolawolé Akandé, artiste et Trésorier général de l’Association ‘’Untiyo’’, a estimé que l’arrivée de la covid-19 caractérisée par les mesures restrictives a tout arrêté dans leurs rangs. Car à l’entendre, il suffit d’installer des instruments de musique sur une cérémonie pour s’attirer la foudre de la police. Mieux, il insiste que la vaccination pour l’instant n’a pas encore réglé ce problème. « Nous qui sommes des Dj et qui faisons des impresarios, nous galérons beaucoup en ces temps de covid-19. Puisque tout est à l’arrêt et nous ne trouvons plus rien à faire. Dans ces conditions, comment nourrir nos épouses et nos enfants ? Le seul travail que tu fais est coupé, comment joindre alors les deux bouts ? », se demande quant à lui Dj Adebayo, animateur culturel à Porto-Novo.

Les artisans aussi…
A l’instar des acteurs culturels, les artisans ne sont pas non plus épargnés par les corollaires de cette crise. Même si certains dans leurs rangs sont en train d’être un tant soit peu soulagés par le gouvernement à travers les fonds covid, il est évident que le secteur est enclin au même problème que celui des artistes. C’est ce que confirme Elisabeth Apithy, coiffeuse dans la ville de Porto-Novo. Dans ses propos nostalgiques, elle fait savoir que ces temps de covid-19 ont été et continuent d’être une mauvaise expérience pour elle en particulier et pour les artisans en général. « Même si c’est beaucoup mieux aujourd’hui qu’hier, il reste que les artisans sont toujours en difficulté, à cause de la distanciation qui continue d’être pour certaines clientes, de mise », a-t-elle complété.

L’immunité collective, le fil d’Ariane ?
Face à ce fléau dont les mesures de lutte déteignent sur ces secteurs à l’instar de plusieurs autres, il est impérieux de trouver de solutions judicieuses. Ceci, afin que ces travailleurs qui vivent au jour le jour renouent avec leur vie professionnelle d’antan. A propos, ils sont unanimes sur le bout de tunnel qu’est pour eux : la vaccination. A cet effet, Bernardin Nougbozounkou revient à la charge et demande à tous les citoyens en âge de se faire vacciner, de le faire sans hésitation ni crainte. « Seule l’adhésion de tout le monde à la vaccination permettra la levée définitive des mesures encore en vigueur. J’invite donc les béninois et particulièrement les Porto-noviens à se rendre dans les lieux de vaccination, pour se faire inoculer le vaccin », soutient la coiffeuse Elisabeth Apithy. Une idée épousée avec volupté par le Directeur départemental de la santé du Plateau, Docteur Hippocrate Fatembo. Lequel tout en reconnaissant et en compatissant aux douleurs de ces acteurs en difficulté, espère que ce bout du tunnel n’est plus loin. « Avec la campagne accélérée de vaccination décidée par le gouvernement le 15 novembre, nous sommes passés de 3 à 23% de taux vaccinal. Alors que le gouvernement en mettant en place cette initiative, a pour ambition d’atteindre un taux de 60% voire de couverture intégrale, dans les mois à venir. Avec cette ambition, nous atteindrons l’immunité collective. Ainsi, les activités pourront dans leur totalité reprendre. Puisque, chacun de nous aura déjà fait le bon geste de se protéger contre le virus. Si 23% de la population ont pu le faire, c’est possible que tous les autres le fassent », a-t-il conclu, tout en demandant à ces acteurs de garder espoir. Un espoir qui est toujours permis.
Ceci est une enquête réalisée par la FeRCAB avec l’appui de l’UNICEF et du Ministère de la Santé.





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