Entretien avec Bimo, artiste plasticien béninois : « Cette aventure a été faite en raison de mon amour pour l'art plastique »

Isac A. YAÏ 6 août 2021

Innocent Bienvenu Monkoun alias Bimo est un artiste plasticien béninois qu’on ne présente plus. Mais depuis quelques années, ces tableaux ne sont plus renouvelés dans l’univers artistique national. Que s’est-il passé durant tout ce temps d’absence ? à travers cet entretien, il dissipe les inquiétudes et éclaire les amoureux de ses œuvres sur sa nouvelle aventure.

Bonjour Bimo. Vous êtes un artiste béninois de l’art plastique. Mais depuis quelques années votre signature a disparu des tableaux. Que s’est-il passé ?
Bonjour monsieur le journaliste. Bien sûr, comme vous l’avez si bien souligné, ma signature a disparu des tableaux au Bénin. En effet j’ai eu à voyager pour l’Amérique latine depuis 2016. Donc, ça fait plus de 5 ans que j’ai quitté le pays pour me faire connaître à l’extérieur. Cette aventure a été faite à mon propre compte en raison de mon amour pour l’art plastique. Vu la faible valorisation de ce métier au pays, je suis allé à l’extérieur plus précisément dans l’Amérique pour plus de recherche dans ce domaine. Là-bas j’ai rencontré des artistes et j’ai fait pas mal d’expositions. J’ai aussi participé à beaucoup d’expositions dans certains pays de l’Amérique latine comme le Brésil, le Mexique, le Panama, la Californie, Suriname et en Guyane française où je me suis installé. J’ai créé mon Atelier dans la ville de Cayenne. Ainsi, depuis 3 ans , Je vis et je travaille là-bas.
J’ai fait quelques expositions en Guyane. J’ai participé à beaucoup d’exposition dans des musées et des galeries. J’ai rencontré des collectionneurs des grands acteurs d’art… Je pense que je suis un peu reconnu en Guyane française. Je remercie beaucoup le créateur pour tout ce temps passé à l’extérieur.

Depuis quelques semaines donc, vous êtes de retour au pays. Qu’est-ce qui explique ce come-back ?
Si je suis revenu au pays, c’est pour rendre un hommage à ma mère qui a rejoint le créateur en mon absence. De plus, cela fait 5 ans que j’ai laissé ma petite famille. Ce come-back est d’une nécessité capitale pour moi malgré les difficultés. Malgré tout, je remercie le créateur de m’avoir donné l’opportunité de retourner dans mon pays natal et de retrouver aussi ma famille que j’aime tant. C’est une immense joie pour moi d’être chez moi.

Le plus souvent, vous développez la thématique vaudoun dans vos oeuvres. Avec votre départ à l’étranger avez-vous toujours continué dans ce sens ou entre temps votre pinceau a changé de direction ?
Oui, je continue toujours de peindre sur le vaudoun, mais le problème est que l’inspiration est très différente pour chaque tableau et varie selon le pays où je me retrouve. Je suis donc libre de travailler selon mon inspiration. Surtout dans l’abstrait, il y a des signes que je donne et qui représentent la spiritualité et aussi les signes en rapport avec le Fâ. Dans les figuratifs, je suis parfois simple et neutre.

Est-il facile pour un artiste plasticien béninois de vivre de son art à l’étranger ?
Un artiste plasticien aujourd’hui, pour aller se faire connaître à l’extérieur, il doit être connu chez lui d’abord et aussi, il doit bien connaître le métier. Il doit également avoir des relations exposer dans des galeries et les musées, et doit aussi avoir des connaissances dans le monde des collectionneurs d’Art. Il doit aussi chercher des résidences d’art plastique et des Appels à projets artistiques avant de se lancer dans cette aventure. Ce n’est donc pas facile et il faut être courageux pour s’y engager. Mais à chacun sa chance de réussite. Il faut être positif et être honnête avec soi même. De plus l’occident implique un nouveau combat d’indépendance professionnelle. Il faut juste se préparer aux aléas et avoir confiance en soi même.

Quels sont les projets que vous envisagez de réaliser actuellement ?
Mes projets sont en exclusivité pour mon pays. Je profite pour saluer les grands collectionneurs, les musées et toutes les associations sans oublier Monsieur le Ministre de la culture du Bénin et l’Ambassadeur du Bénin près de France. Merci beaucoup à tous les artistes du Bénin et ceux de l’extérieur. Le meilleur reste à venir. Je vous laisse sur cette phrase fétiche : " Le temps est plus fort que la mort "
Propos recueillis par Isac A. YAI





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