Gildas Martial Affognon, Vicaire sur la paroisse St Antoine de Padoue de Cocotomey : « Le jeûne est non seulement alimentaire mais aussi comportemental »

5 mars 2022

Mercredi 02 mars 2022, le mercredi des cendres marque le début de 40jours de carême pour les chrétiens catholiques du monde entier en souvenir du sacrifice de Jésus-Christ mort pour nos péchés. 40 jours de carême pour permettre aux chrétiens catholiques de se rapprocher du créateur et repartir sur de bonnes bases. Qu’est-ce que le carême ? Abbé Gildas Martial AFFOGNON, Vicaire de la paroisse St Antoine de Padoue de Cocotomey nous donne plus de détails

Qu’est-ce que le carême ?
Carême vient du mot latin quadragesima dies signifiant quarantième jour avant pâques. Le carême est un temps de conversion de 40 jours en préparation aux fêtes pascales qui se prolongent jusqu’à Pentecôte. Il fait référence aux 40 années passées au désert par le peuple d’Israël entre sa sortie d’Egypte et son entrée en terre promise. Le carême fait aussi référence aux 40 jours passés par le Christ au désert entre son baptême et le début de sa vie publique.

Quelle est la différence entre le jeûne et le carême ?
Le jeûne fait parti de ce qu’on appelle les piliers du temps de carême. Nous avons trois piliers. La prière, l’aumône et le jeûne. Le carême rappelle les quarante années de marche du peuple d’Israël entre Egypte et Canaan. Et les quarante jours de jeûne et prière de Jésus dans le désert. Tout cela se rapporte à notre doctrine. Pendant les quarante jours de jeûne et prière, l’église nous invite à prier activement notre Dieu. Cela veut dire quoi…. Certains chrétiens à cause de la faiblesse de la chair, n’avaient pas l’habitude de prier. L’église nous invite pendant le temps de carême à nous rapprocher de notre Dieu. C’est pourquoi, on insiste sur la prière. La prière qui nous permet de garder le lien avec notre Dieu, de nous rappeler que nous sommes enfants de Dieu. Un enfant de Dieu doit savoir que sans Dieu son père, il ne peut rien faire.
Le deuxième pilier c’est l’aumône, qui nous rappelle de partager ce que nous avons avec les autres. Il y a des nécessiteux autour de nous. L’Eglise nous invite à jeter un regard sur ces derniers. Nous avons certainement quelque chose à partager avec notre prochain. Ça peut être un bien matériel ou même notre temps. On peut décider de prendre un peu de notre temps pour visiter un orphelin, une veuve, ou une personne en difficulté. L’aumône c’est le regard d’amour que Dieu porte sur nous et que nous décidons de le partager avec les autres. Pour le carême de cette année 2022, le Pape nous invite à pratiquer plus l’aumône, à porter plus assistance à ceux qui sont dans le besoin. Même si plus souvent, on se dit qu’on n’a rien à partager.
Le troisième pilier de ce temps de carême c’est le jeûne. Quand l’Eglise parle de jeûne, il est non seulement alimentaire, il peut aussi concerner notre manière de vivre. Quand on parle de jeûne chez un chrétien catholique, il doit faire une pression sur lui-même, faire un petit effort de privation sur lui-même. Au début, il y a des normes imposées par l’Eglise : ne pas prendre de la viande le mercredi des cendres et le vendredi saint. Au-delà de ces prescriptions, L’Eglise nous interpelle plus sur notre façon de vivre. Comment peut-on être dans le jeûne et avoir son cœur ailleurs. Le jeûne alimentaire dont on parle c’est chacun qui se définit son jeûne. Autrefois je mangeais trois fois par jours, je peux passer à deux ou si je mangeais quatre ou cinq fois, je peux passer à trois. C’est chacun qui définit suivant ce que réclame son corps. Mais le jeûne aussi c’est de laisser ce qu’on aime le plus manger, se priver de cela pendant le temps de carême.
Outre le jeûne alimentaire, je peux parler aussi du jeûne comportemental. Quand je parle de jeûne comportemental c’est de revoir ce qu’on fait d’anormal et qui offense Dieu. Il y a des gens qui avaient la facilité de mentir, de désirer le bien d’autrui (le vol), de s’adonner à des actes impurs. Pendant le temps de carême, on demande une petite privation à ces niveaux également. Faire l’effort de dire si j’avais l’habitude de mentir, pendant le temps de jeûne, je vais me priver de cela pour pouvoir plus me consacrer à Dieu par la prière et l’adoration. Le jeûne que nous faisons, c’est pour pouvoir le partager avec les autres. Si le jeûne est alimentaire, je dois partager mon repas avec une autre personne.

Quels sont les éléments qui marquent ce grand temps de carême en Eglise ?
Ce temps est marqué par le violet, qui est la couleur liturgique de carême. Mais au 4ème dimanche de carême on porte la couleur rose parce que c’est le dimanche du Laetare (dimanche de la joie). Au cours de ce même temps, l’Alléluia est supprimé à la messe ainsi que le Gloria (sauf aux solennités tombant en carême). Ce temps est également marqué par le chemin de croix de tous les vendredis. Un exercice spirituel qui se déroule sur toutes les paroisses.

Quelle est la conduite à tenir pendant le temps de carême ?
Le carême est un temps de grâce que l’Eglise nous donne pour repartir d’un bon pas. Et celui qui observe les exigences d’un temps de carême jouit d’une certaine grâce à la fin car ça nous permet de réorienter notre marche. Pendant le temps de carême, on doit se poser des questions sur notre marche à la suite du Christ, quel est notre rapport avec le respect des commandements de Dieu. Purifier notre cœur. Le cœur est le siège de toutes nos décisions, qu’elles soient bonnes ou mauvaises. Pendant le temps de carême, on est appelé à purifier notre cœur. Lorsque nous observons les exigences de ce temps de carême, cela constitue un bénéfice pour nous. Pendant le temps de carême on est appelé à nous confesser plus régulièrement.
Car quand on se confesse régulièrement, le cœur est dégagé. Le carême est également un temps de transformation de notre vie. Le temps de carême nous permet aussi de renoncer à notre égoïsme, à nos péchés. Au début du temps de carême, il faut se poser des questions sur les efforts à faire pour être transformé pour être digne de chanter le ‘’Glory alléluia à la veillée pascale’’. Le temps de carême est un temps de deuil ou l’église nous demande de nous priver de nos petits plaisirs. C’est pourquoi la couleur liturgique et marquante recommandée est le violet qui symbolise le deuil et la tristesse.

Combien de fois devons-nous prier en temps de carême
Il n’y a pas un temps ou un nombre de fois défini pour la prière. La prière nous permet de resserrer nos liens avec notre Dieu. Il revient à chacun de définir son temps de prière. Ce que l’Eglise nous demande en ce temps, c’est de faire un effort de plus. Peut-être avant tu passais 10 minutes dans l’adoration, pendant le temps de carême, l’Eglise t’invite à aller à 20 minutes. Peut-être tu n’avais pas l’habitude de prier avant de commencer tes activités de la journée et de rendre grâce à la fin de la journée, l’Eglise te demande de faire un effort et de commencer à exécuter ces prières. Nous chrétiens devrions savoir que la prière est inévitable car c’est le temps au cours duquel on parle à Dieu et Dieu nous parle. Donc pendant le temps de carême, il faut prier.

Quels sont les bénéfices ou avantages du temps de carême ?
Le carême est un temps de grâce que l’Eglise nous donne pour repartir d’un bon pas, réorienter notre marche, purifier notre cœur afin de revenir à Dieu. Il s’agit d’un temps de transformation de notre vie, de renoncement à notre égoïsme et au péché. En résumé, nous sommes invités, par le carême, à entrer dans le combat spirituel à la suite de Jésus pour prier avec lui, jeûner avec lui et partager avec nos frères et sœurs. C’est un temps favorable pour la conversion. C’est pourquoi à l’imposition des cendres le prêtre dira : ‘’Convertissez-vous et croyez à l’Evangile’’ ou ‘’Souviens-toi que tu es poussière et que tu retourneras à la poussière’’.
Propos recueillis par Yasmine ALONOMBA (Stag) et Bernardine DADEGBE (Coll)





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