Imam Abdoul Jalil, au sujet de l’Interdiction des prières sur les voies publiques : « Nous partageons l’avis du préfet… »

La rédaction 16 août 2021

Le Préfet du Littoral Alain Orounla a, par arrêté préfectoral, interdit les prières sur les voies publiques. Cette décision suscite depuis quelques semaines une vague de réactions. Mais dans un entretien avec Abdoul Jalil, Imam à la Mosquée d’Aïdjedo, ladite décision donne pleinement raison au préfet. Mieux, il invite les fidèles musulmans à la ponctualité et surtout à la discipline.

Quelles sont vos impressions suite à la nouvelle décision préfectorale interdisant les prières sur les espaces publics ?
L ’interdiction des prières du vendredi sur les voies, n’est pas une chose nouvelle pour nous, car depuis plus de trois semaines, la nouvelle a été annoncée. Sauf que nous avons pris du retard à obéir à cette décision. En effet, cette nouvelle est d’une grande nécessité. Nous partageons l’avis du préfet, car l’occupation des espaces publics est aussi une entrave pour les usagers.
Elle empêche la libre circulation des personnes en raison du manque d’espace. Ayant pris conscience de ce problème, nous avons décidé de respecter ces mesures avec rigueur.

Quelle sont les raisons qui peuvent amener les musulmans à prier sur les voies ?
Tout d’abord, les fidèles utilisent les routes pour adorer leur Dieu, le plus souvent, lorsqu’ils sont en retard. En raison de cela, ceux-ci sont amenés à faire leur prière malgré eux. Car prier sur les voies n’est pas une chose sécurisante. Dans la mesure où ils sont exposés aux déchets, aux bruits et autres perturbations pouvant leur nuire.
Mais aussi, lorsqu’ils sont en retard et veulent rattraper la prière, ils stationnent sans tenir compte du code de la route. Cela aussi empêche la circulation des personnes ayant des occupations.

Quelle sont les mesures prises à cet effet pour mettre fin à cela ?
Afin de respecter les règles établies, une campagne de sensibilisation a eu lieu et a pris fin la semaine dernière. Ceci afin de mobiliser les musulmans au respect de cette loi. Ainsi, il a été demandé aux fidèles de se rendre dans les mosquées à l’heure prévue pour la prière afin d’éviter les désagréments sur les trottoirs. Toutefois, cette mesure entrave en quelques sortes le déroulement des prières, car nous avons des quartiers dans lesquels il n’y a qu’une seule mosquée. Avec le grand nombre de fidèles qu’il y a, c’est un peu difficile. Le gouvernement doit aussi en quelque sorte nous venir en aide afin de pouvoir construire plus de lieux de prières.

Si prier avec un grand nombre de fidèles crée des problèmes d’espace, est-il nécessaire que les fidèles y viennent les vendredis ? Ne peuvent-ils pas le faire à la maison ?
Les prières du vendredi sont d’une grande nécessité pour les fidèles, mais aussi une obligation compte tenu du contexte coranique qui recommande que les prières du vendredi se fassent dans les mosquées et non à domicile. En effet, les prières du vendredi ont en elles-mêmes plus de bénédictions et de bienfaits que celles des autres jours. Elles font passer un message sur la communauté, le vivre ensemble, et un sermon prononcé par un Imam et apporte aussi une connaissance profonde de l’Islam, mais aussi de Dieu.

Qu’est-ce que vous pouvez donner comme conseils à tous les musulmans ?
Je vais leur dire de prendre un minimum de recul, lorsqu’il s’agit de louer leur Seigneur. Ceci dans l’objectif de ne pas empêcher les autres de vaquer à leurs occupations lors des prières. Je voudrais aussi dire au gouvernement que les fidèles musulmans ne s’opposent en aucun cas à cette réforme, car nous apprécions le bien-fondé de cette loi.
Propos recuillis par Péra Djenontin & Mathilde Agnimoan (Stag)





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